/world/america
Navigation

Climat: à la veille de la COP24, les divisions s’étalent au G20

Climat: à la veille de la COP24, les divisions s’étalent au G20
SAUL LOEB / AFP

Coup d'oeil sur cet article

À quelques heures de la COP24, grande conférence sur le climat en Pologne où 200 pays vont se pencher sur le réchauffement mondial, les dirigeants ont étalé leurs profondes divisions sur ce sujet au G20 de Buenos Aires.

Réunis pendant deux jours sur les bords du Rio de la Plata, les leaders des vingt principales économies ont accouché d’un consensus minimum sur les deux points les plus sensibles: le commerce et le climat.

«C’est le communiqué final le plus faible jamais vu à un G20», a déclaré à l’AFP Thomas Bernes, expert du Centre for International Governance Innovation et ancien négociateur canadien de ce sommet, né il y a dix ans en pleine crise financière.

«C’était le plus petit dénominateur commun. Cela pose la question de la crédibilité du G20 sur le commerce, mais aussi sur le climat, les migrations et le FMI», a-t-il ajouté, soulignant que le texte de Buenos Aires «ne permettrait pas de résoudre aucun des problèmes majeurs».

Concrètement, les membres du G20 «signataires de l’accord de Paris» sur le climat – sans les États-Unis, donc – y soulignent que ce dernier est «irréversible» et «s’engagent à sa pleine mise en œuvre». Ils prennent toutefois en compte les «diverses situations nationales».

Certains pays émergents estiment avoir besoin de plus de soutien que les nations les plus avancées pour leur transition énergétique.

«Un certain nombre de pays hésitaient [...] à confirmer leur engagement dans l’accord de Paris et donc c’était une des grandes batailles de cette nuit [de négociations] de garder le pack des 19», a souligné une source française proche des négociations.

«Cette coalition s’effiloche»

Les États-Unis, qui poursuivent leur cavalier seul sur ce sujet, rappellent quant à eux dans un paragraphe distinct du communiqué de Buenos Aires qu’ils ont rejeté l’accord de Paris.

Ils disent s’engager en faveur de «la croissance économique, l’accès à l’énergie et la sécurité, en utilisant toutes les technologies et les sources énergétiques disponibles, tout en protégeant l’environnement».

Pour la chancelière allemande, qui tire un bilan positif du G20, le communiqué final envoie «un signal clair pour le succès de la COP24».

La lecture du gouvernement de Donald Trump, qui a annoncé le 1er juin 2017 le retrait des États-Unis de l’accord de Paris signé en 2015 par son prédécesseur, Barack Obama, est tout autre.

«Ce que l’on commence à voir, c’est que cette coalition [de pays signataires de l’accord de Paris] s’effiloche», a assuré une source de la Maison-Blanche.

Se félicitant que le groupe des 19 pays du G20 ait tenu bon, Greenpeace les a appelés à passer à l’action dès dimanche en Pologne.

Mais le faible taux de participation annoncé des chefs d’État et de gouvernement en dit long.

Le premier ministre français Édouard Philippe, un des rares qui avait confirmé sa présence, a décidé samedi d’annuler son déplacement à la suite du déferlement de violence à Paris en marge de la manifestation des «gilets jaunes».

De l’autre côté de l’Atlantique, le futur président brésilien Jair Bolsonaro, qui prend ses fonctions le 1er janvier, a récemment renoncé à organiser la COP25 prévue en 2019. Ce politicien d’extrême droite a aussi laissé entendre qu’il pourrait sortir de l’accord de Paris, suivant la voie de Donald Trump qu’il dit admirer.

La 24e Conférence de l’ONU sur le climat (COP24), qui se tient à Katowice du 2 au 14 décembre, en pleine région charbonnière, cherche à donner du souffle à l’accord de Paris de 2015 qui vise à contenir le réchauffement mondial sous les +2 °C, idéalement +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle.