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Couche-Tard: une action à détenir

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Q : Avec des résultats supérieurs aux attentes au deuxième trimestre, Couche-Tard est-elle encore un placement intéressant ?

R : Plus que jamais. Couche-Tard est devenu un classique pour les investisseurs.

Couche-Tard livrait la semaine dernière ses résultats du deuxième trimestre, bien au-delà des attentes des analystes, avec un bénéfice net de 473,1 M$ US, ou 84 cents US par action (comparativement à 432,5 M$ US ou 76 cents à la même période l’an dernier). Les analystes sondés par Thompson Reuters Eikon anticipaient un profit de 82 cents US. En un trimestre, les revenus ont bondi de 21 %, à 14,7 milliards (G)$ US, de même que les ventes des magasins ouverts depuis plus d’un an : 5,1 % au Canada, 4,4 % aux États-Unis, 4,6 % en Europe. C’est tout un accomplissement !

La firme de Laval aux 130 000 employés a annoncé qu’elle allait ouvrir 200 nouveaux dépanneurs cette année et qu’elle scrutait de nouvelles acquisitions. Couche-Tard compte plus de 16 000 dépanneurs (9943 en Amérique du Nord, 2718 ailleurs dans le monde : Europe, Asie, Amérique du Sud et Moyen-Orient). Couche-Tard est le leader mondial de son industrie et la plus importante société canadienne en fonction des ventes (56,33 G$ US).

Une aubaine

L’action est encore une aubaine, car le cours/bénéfice est de 22,38 et le PEG 5 ans est à 1,29. Certains jugeront que le cours/valeur aux livres est élevé, à plus de 5, considérant la marge de 3,13 %. Mais elle se maintient autour de 3 % depuis plus de six trimestres ! Et le flux de trésorerie a grimpé de 39,3 % en un an.

Couche-Tard a plusieurs avantages :

  • les économies canadienne et américaine vont bien et ne montrent aucun signe de ralentissement ;
  • la société est gérée avec minutie et talent ;
  • le modèle dépanneur/poste d’essence de la majorité de ses magasins est unique dans un grand nombre de marchés, où la compétition se fait parfois rare (comme au Texas) ;
  • le marché américain regorge d’acquisitions potentielles : les chaînes n’y contrôlent que 37 % des dépanneurs, selon Bloomberg ;
  • les synergies liées aux acquisitions ont un impact direct sur les flux de trésorerie, comme le démontre l’intégration de CST Brands et Holiday Stores ;
  • en Asie, le modèle d’affaires comprenant un espace de salle à manger et des repas chauds transforme le dépanneur en mini club social, ce qui mousse les ventes ;
  • le marché asiatique (surtout le Viêt-nam, les Philippines, la Thaïlande et l’Inde) représente des opportunités d’affaires ahurissantes, avec des taux de croissance de 25 % à 37 %, selon IGD Research ;
  • les actionnaires empocheraient gros en cas de vente forcée de l’entreprise, si les actionnaires de contrôle ne s’entendent pas sur le retrait de leur fameuse clause crépusculaire.

Par contre, Couche-Tard demeure exposée aux fluctuations du cours du pétrole, car 70 % de ses revenus proviennent des ventes d’essence. Et ses compétiteurs, 7-Eleven, Exxon Mobile et Shell imitent désormais massivement le modèle d’affaires de Couche-Tard. Ces risques ne m’inquiètent pas outre mesure...