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Oubliée en pleine mer à Cayo Largo

Une Québécoise en vacances a bien pensé perdre la vie lors d’une excursion de plongée en apnée à Cuba

De retour à Saint-Jean-sur-Richelieu, Manon Poulin raconte qu’elle a eu peur de mourir durant une excursion de plongée à Cuba.
Photo Jonathan Tremblay De retour à Saint-Jean-sur-Richelieu, Manon Poulin raconte qu’elle a eu peur de mourir durant une excursion de plongée à Cuba.

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Une vacancière québécoise a bien cru mourir lorsqu’elle a été oubliée en pleine mer par l’équipage d’un catamaran lors d’une excursion de plongée en apnée au large de Cuba.

« J’ai eu peur pour ma vie. Le cœur me débattait. J’en fais des cauchemars depuis, quand je m’imagine ce qui aurait pu arriver », raconte Manon Poulin, de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La dame de 55 ans était en voyage avec des membres de sa famille sur l’île de Cayo Largo, à la mi-novembre.

Le bateau n’est plus là

Seule adepte de snorkeling (plongée libre) parmi ses proches, Mme Poulin a décidé de s’offrir son propre cadeau de fête, soit une sortie de plongée en catamaran.

« C’est une passion que j’avais depuis environ quatre ans. Je ne suis plus certaine, désormais », dit-elle.

Une fois le bateau ancré près du récif où la plongée devait s’effectuer, la touriste québécoise relate avoir été la première à sauter à l’eau, question de profiter pleinement de ses 45 minutes parmi les poissons.

Elle en aura finalement eu « plus que pour son argent », dit-elle.

« Je me tenais près du bateau. Après un certain temps sous l’eau, j’ai relevé la tête, et je ne le voyais plus », confie Mme Poulin.

15 minutes d’enfer

La scène, qui fait penser au film américain Océan noir, « sans les requins, l’hélicoptère et tout le glamour », assure-t-elle, était toutefois aussi épeurante.

N’étant pas certaine d’avoir été abandonnée ou d’avoir dérivé en mer, l’éducatrice en centre de la petite enfance savait néanmoins qu’elle devait se dépêcher pour trouver une solution.

Heureusement, Mme Poulin a aperçu un autre bateau ancré 100 mètres plus loin. Elle explique avoir dû nager pendant près de 15 minutes avant de pouvoir l’atteindre.

« J’étais essoufflée et je n’avais pas de veste. Je n’ai pas eu le temps de vivre l’émotion sur le coup, se remémore-t-elle. Ç’a duré 15 minutes de ma vie, mais ç’aurait pu y mettre fin. »

Les plaisanciers autrichiens qui l’ont alors repêchée ont vite saisi l’ampleur de sa mésaventure, car son bateau avait quitté les lieux depuis un moment déjà.

« J’ai réussi à baragouiner en anglais pour retrouver mon équipage, indique la dame, avec soulagement. Si j’ai un souhait, ce serait de retrouver les couples d’Autrichiens. Ils m’ont sauvé la vie. »

Plainte

Lorsque Mme Poulin a porté plainte, son représentant de la compagnie Sunwing, estomaqué, a rencontré les membres de l’équipage sur-le-champ.

On lui a ensuite offert des excuses, un remboursement de l’excursion ainsi qu’un crédit pour un prochain voyage.

La Québécoise, qui a tenu à raconter l’incident pour mettre les vacanciers en garde, souhaite que de meilleures normes de sécurité soient mises en place par les entreprises qui proposent des expéditions en mer, notamment la prise de présence obligatoire avant le retour.

« Si je refais du snorkeling, ce sera attachée à un professionnel. Je ne sais pas si je vais être capable. Je ne voyagerai plus jamais seule », conclut-elle.