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Un G20 triste et répugnant

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C’est un triste et répugnant spectacle que nous offre le G20 qui se tient depuis hier à Buenos Aires. Les négociateurs des différents pays avertissent que les négociations sont extrêmement difficiles. Les pays ne parviennent pas à s’entendre sur l’immigration, l’environnement, le commerce et le multilatéralisme.

Le principal obstacle aux négociations est Donald Trump. Et puis, il y a la présence dans le groupe de Mohammed ben Salmane. La rencontre bilatérale entre lui et Emmanuel Macron de même que la connivence affichée entre cet assassin et Vladimir Poutine sont particulièrement répugnantes.

1. À quoi sert le G20 ?

Formé en 1997, le G20 regroupe les 19 pays les plus riches et les plus influents de la planète, plus le représentant de l’Union européenne. Les pays membres du G20 forment 85 % de l’économie mondiale et 75 % de tout le commerce international. En théorie, il devrait être possible d’y trouver des consensus pour faire avancer l’économie mondiale dans la bonne direction. Mais les résultats du G20 sont faibles. Les dirigeants sont régulièrement parvenus à augmenter l’aide aux pays en voie de développement. Ils ont aussi pris de timides mesures pour renforcer la transparence et pour lutter contre les paradis fiscaux. Ils ont enfin convenu de mesures communes pour régler différentes crises économiques internationales. Cependant, le sommet demeure surtout une occasion pour les principaux dirigeants du monde de se rencontrer en tête à tête.

2. Quelles rencontres bilatérales faudra-t-il surveiller ?

Toutes les rencontres bilatérales entre les dirigeants des grandes puissances sont importantes. Mais la rencontre entre Trump est Xi Jinping est particulièrement surveillée. Elle devrait indiquer dans quelle mesure la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis va se poursuivre. La présence à cette rencontre de Peter Navarro, un faucon très critique de la Chine, laisse deviner une négociation peu fructueuse.

3. Quels sont les principaux thèmes du G20 de cette année ?

Il y en a quatre. 1) L’agriculture durable et en particulier l’érosion des sols. 2) La réduction des disparités entre les hommes et les femmes. 3) La construction d’infrastructures dans les domaines de l’énergie, des transports, des égouts et de l’internet. 4) L’adaptation de l’emploi et la révolution de l’intelligence artificielle.

4. Quelles sont les critiques contre le G20 ?

Certains reprochent au G20 de compter parmi ses membres des pays qui ne sont pas du tout des démocraties, comme la Chine et la Russie, ou qui sont des régimes corrompus et islamistes, comme la Turquie et l’Arabie saoudite. D’autres estiment que le G20 est un instrument qui sert principalement à renforcer le pouvoir de ses membres. Les défenseurs du G20 répondent que le G20 favorise l’émergence de consensus et le dialogue.

5. À quels résultats faut-il s’attendre ?

À bien peu. D’abord parce que Donald Trump est opposé au multilatéralisme. Sa stratégie consiste à saboter les consensus, pour que le G20 paraisse inutile. Ainsi, l’administration Trump pourra retourner plus facilement à une diplomatie bilatérale. Or, il est bien évident que la plupart des pays du monde ont avantage à faire équipe pour négocier contre les États-Unis, plutôt que de se retrouver seuls face aux Américains. Par ailleurs, le sommet du G20 de cette année devrait montrer de fortes divergences et des rancœurs tenaces entre les dirigeants. Il faut aussi s’attendre à ce que Donald Trump en ressorte isolé, un peu comme au G7 tenu plus tôt cette année à La Malbaie.