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Adonis Stevenson devrait avoir des séquelles

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Plongé dans un coma artificiel après avoir été mis K.-O. samedi lors de son combat contre Oleksandr Gvozdyk, Adonis Stevenson aurait de minces chances de s’en tirer sans aucune séquelle.

«Lorsqu’on regarde l’état d’Adonis, les chances qu’il s’en sorte de façon totalement indemne sont relativement minces», a expliqué le Dr Louis de Beaumont, neuropsychologue clinicien, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Selon le médecin, spécialiste des traumatismes crâniens, c’est l’accumulation des coups à la tête qui peut être déterminante.

«Adonis, à 41 ans, à 400 coups par combats, c’est toute une accumulation de coups de poing qu’il a reçus pendant sa carrière», a affirmé Louis Beaumont.

Le boxeur, qui est plongé dans un coma artificiel par mesure préventive en raison d’une possible hémorragie cérébrale, demeure entouré de ses proches aux soins intensifs d’un centre hospitalier de Québec.

«L’état d’Adonis est passé de critique à une évolution vers la stabilité d’hier à aujourd’hui [de samedi à dimanche] ce qui est, dans les circonstances, une bonne nouvelle», a écrit son promoteur Yvon Michel sur son compte Twitter.

«Il reprend ses forces en sédation contrôlée. Toute sa famille, sa conjointe Simone et le Groupe Yvon Michel tiennent chaudement à remercier les très nombreuses personnes qui prennent le temps de faire parvenir des messages réconfortants», a-t-il ajouté.

Commotion cérébrale

Les symptômes d’une violente commotion cérébrale n’apparaissent pas nécessairement tout de suite après un coup à la tête.

Samedi soir, au 11e round du duel contre l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk, le boxeur québécois a reçu de violents coups à la tête avant de s’écraser au tapis.

Stevenson a mis un moment pour se relever, avant de se diriger de peine et de misère au vestiaire. Au sortir de la douche, il a été pris de puissants étourdissements. Il a ensuite été transporté à l’hôpital en ambulance parce qu’il présentait des symptômes importants, trajet au cours duquel il aurait perdu connaissance.

 

«Lors d’un coup à la tête, il y a toute une cascade neurochimique qui s’ensuit, donc c’est ce qui fait que les symptômes n’apparaissent pas nécessairement tout de suite après le coup», explique la neuropsychologue Katia Sirois, qui enseigne également à l’Université Laval.

Parfois, il faut jusqu’à 48 heures avant de voir apparaître les signes que ça ne va pas.

Ces symptômes traduisent qu’il «se passe quelque chose au cerveau, donc ça dit au médecin qu’il faut agir rapidement» parce qu’il a été touché. «Est-ce que ça va s’aggraver? L’avenir va nous le dire», indique Mme Sirois.

En attendant, les spécialistes misent sur le coma provoqué afin que les atteintes cérébrales ne fassent pas trop de ravages. «Provoquer un coma, c’est une façon de protéger le cerveau. C’est comme si on le met sur “pause”», illustre la neuropsychologue.

«Généralement, les médecins vont retirer tranquillement la médication qui provoque le coma pour constater quels sont les dommages et comment la personne va», poursuit-elle, confirmant que les prochaines heures sont cruciales pour celui qui a été champion du monde de boxe.