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La GRC a fermé les yeux sur la présence d’un ex-terroriste

La police canadienne est blâmée pour une réception de Justin Trudeau en Inde

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sa femme Sophie Grégoire Trudeau, leur fille Ella-Grace et leur fils Xavier ont porté des costumes traditionnels lors d’un voyage officiel en Inde, en février. Ils posent ici devant le temple Sikh Golden à Amritsar.
Photo d’archives, AFP Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sa femme Sophie Grégoire Trudeau, leur fille Ella-Grace et leur fils Xavier ont porté des costumes traditionnels lors d’un voyage officiel en Inde, en février. Ils posent ici devant le temple Sikh Golden à Amritsar.

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OTTAWA | La police fédérale est sévèrement blâmée pour avoir omis d’avertir les gardes du corps du premier ministre Justin Trudeau de la présence d’un ex-terroriste lors d’une réception officielle du Canada durant le fameux voyage en Inde.

En fait, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne considérait même pas comme une menace la présence de l’homme en question, Jaspal Atwal.

« Que la GRC possédait de l’information au sujet du casier judiciaire de M. Atwal et de ses graves antécédents d’actes violents [...], cela aurait dû être considéré comme un risque pour la sécurité du premier ministre et de sa délégation », écrit dans un rapport un comité spécial ultra-secret traitant de sécurité nationale et de renseignements.

L’examen mené par le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement (CPSNR) a révélé « un certain nombre de lacunes » au chapitre de la sécurité du premier ministre.

En outre, on souligne « qu’il n’y a pas de vérification systématique des listes d’invités aux événements à l’étranger ».

Caviardage

Le rapport de 55 pages sur les allégations d’ingérence étrangères durant le voyage en Inde de M. Trudeau était très attendu. Mais l’opposition déplore que de longues sections du document dévoilé lundi soient caviardées.

« On voit qu’il y a des éléments qui sont extrêmement troublants dans ce rapport-là, a laissé tomber le député conservateur de Richmond–Arthabaska, Alain Rayes. Ce qui est malheureux, c’est qu’on n’a pas accès à toute l’information. »

Le long voyage en Inde du premier ministre, en février, a tourné au fiasco. Le port de multiples costumes traditionnels par la famille Trudeau a été vivement critiqué, mais surtout la présence d’un ancien extrémiste sikh lors d’une réception canadienne qui a fait dérailler le voyage officiel.

Pour se défendre, la GRC admet que des « erreurs ont été commises parce que les procédures en place n’ont pas été suivies », peut-on lire dans le rapport.

« Manque d’éléments »

Le comité spécial s’est notamment penché sur les allégations d’ingérences étrangères durant le déplacement.

Le conseiller à la sécurité nationale du premier ministre de l’époque, Daniel Jean, avait imputé à des factions extrémistes du gouvernement indien les invitations lancées à M. Atwal.

Or, l’ensemble des conclusions de ce volet dans le rapport a été supprimé.

« On cherchait des réponses à plusieurs questions et finalement, il manque tellement d’éléments, que ça soulève encore plus de questions que ça en répond », a pesté­­­ le néo-démocrate montréalais Alexandre Boulerice.

Le comité a étudié quelque 3000 pages de documents et rencontré plusieurs témoins gouvernementaux haut placés afin de rédiger ce rapport.

Qui est Jaspal Atwal ?

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sa femme Sophie Grégoire Trudeau, leur fille Ella-Grace et leur fils Xavier ont porté des costumes traditionnels lors d’un voyage officiel en Inde, en février. Ils posent ici devant le temple Sikh Golden à Amritsar.
Capture d'écran
  • Il a été condamné à 20 ans de prison en 1986 pour avoir tenté d’assassiner un ministre indien au Canada.
  • Durant le voyage en Inde, il a participé à une soirée durant laquelle il été pris en photo avec Sophie Grégoire Trudeau, la femme du premier ministre du Canada.
  • Son invitation pour une autre réception lors du même voyage a été retirée lorsque sa présence a été rapportée dans les médias.