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Rats d’swompe et Improtéine

Le groupe humoristique Improtéine. Crédit : Improtéine
Le groupe humoristique Improtéine. Crédit : Improtéine

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Il y a quelques semaines, je me suis faite solidement ramener à l’ordre par des élèves du secondaire d’Alexandria, en Ontario.

« Quoi ?!? Tu ne connais pas Improtéine et Les rats d’swompe ?!? »

Pour une chercheuse universitaire en humour, j’ai vu mon facteur « cool » prendre la fuite et aller se cacher avec un sac brun sur la tête tellement il avait honte.

Mais je dois l’admettre : pour une fille avec autant de diplômes et les antennes constamment tournées vers l’humour d’ici et à travers le monde, j’étais vraiment en retard sur la réalité artistique franco-ontarienne.

Bien sûr que je sais que Katherine Levac, Patrick Groulx, Julien Tremblay, Véronic Dicaire, Alexandre Bisaillon et bien d’autres sont natifs de l’Ontario ou y ont passé une bonne partie de leur existence.

Mais je n’ai pas de mérite : ils œuvrent au Québec en grande majorité.

Donc, je me suis prise en mains.

Les Rats d’swompe

La chanson « Vivre en ville » a été une révélation pour moi.

L’œuvre a complètement rejoint mon identité de petite fille qui a grandi à Saint-Raymond de Portneuf, entre la rivière Sainte-Anne et la forêt. Une ville où la piste de motoneige commençait au bout de ma rue, où le bois derrière la maison de mes grands-parents était un monde à explorer, où le tracteur de Papi était un membre de la famille et où la vie communautaire se vivait en grande partie à l’aréna.

Le groupe de musique est peut-être originaire de l’Ontario, mais il peut toucher la corde sensible de tout jeune (et moins jeune aujourd’hui) qui a un jour quitté son patelin pour faire le saut dans l’univers urbain.

Le rythme folk-trad vous envoûte rapidement et, avant que vous ne vous en rendiez compte, vous tapez du pied.

Surtout, j’adore le vidéoclip de « Vivre en ville ». L’humour qu’on y retrouve est sensible. On s’identifie rapidement au personnage qui rencontre avec angoisse toute la gamme de « phénomènes » qu’on peut croiser sur la rue et dans les transports en commun.

Et si le cœur vous en dit, je vous invite à écouter leur version militante contre les coupures du gouvernement de l'Ontario, « Doug Ford - Arrive en ville ».

Avec les Fêtes qui approchent, le band ajoutera définitivement de l’énergie à vos célébrations.

Improtéine

Ce sont incontestablement les grandes vedettes des adolescentes et adolescents, ainsi que des fans d’humour et d’improvisation franco-ontariens.

Ensemble depuis plus de 15 ans, grands coups de cœur des diffuseurs francophones hors-Québec, ce groupe comique a fait de l’improvisation son super pouvoir.

Bien qu’ils soient capables de jouer sur tous les tableaux de l’humour, on sent dans leurs capsules une forte inclinaison pour la cause franco-ontarienne.

Qu’il soit question d’informer les Québécois à leurs réalités, tourner en dérision les contradictions propres à leur vie en français en Ontario, jongler avec les différents accents régionaux, ils n’ont pas peur de se jeter dans l’arène du discours social avec autodérision.

Ils possèdent une verve efficace et ils crèvent l’écran.

Et si, parfois, quelques blagues tombent à plat (comme chez tous les humoristes, par ailleurs), je ne peux pas m’empêcher d’imaginer à quel point ce groupe serait puissant si tous ses membres avaient la chance de faire de l’humour à temps plein.

Voici quelques liens intéressants :

Conclusion

Une petite phrase qui, en soit, est un triste diagnostic de mon ignorance (et de celle de plusieurs Québécoises et Québécois) de la culture franco-ontarienne : les dates de prestation au Québec sont assez rares pour Les rats d’swompe, pour ne pas dire inexistantes dans le cas d'Improtéine.

Je comprends que déjà, chez nous, la compétition est féroce en culture et que ce ne sont pas toujours les plus talentueux qui percent.

Par contre, il ne faut pas non plus complètement ignorer le talent brut qui pousse juste à côté.

Je souhaite très sérieusement voir Improtéine faire un tour en Abitibi, à Québec et à Montréal, dans nos festivals d’humour. Et pouquoi pas au Bye Bye 2018 ? Ils seraient tout à fait pertinents !

Tout comme je souhaite aux Rats d’swompe de faire vibrer nos salles de spectacle québécoises comme ils le font en Ontario, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.

P.S. Je sais que ce n'est pas mon premier texte sur la Francophonie en Ontario et je comprends que cela peut sembler suffisant pour certains. Je vais donc repositionner mes antennes vers d'autres cibles. Il n'en demeure pas moins qu'une certaine solidarité entre francophones est importante et doit continuer de vibrer... que ce soit à travers les discours officiels ou les petits gestes, avec ou sans humour.