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Comment la CAQ va-t-elle faire?​

Francois Legault
Simon Clark/Agence QMI

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Depuis le 1er octobre, je regarde le gouvernement Legault avec l’œil de ceux et celles qui assistent au spectacle d’un magicien.

Sur la scène, Luc Langevin, Alain Choquette ou un autre promet de faire quelque chose d’impossible selon les règles communément reconnues de la physique.

« Forcément, il y a un truc », se disent les spectateurs. Leur question : mais comment va-t-il faire ?

Ils scrutent Langevin ou Choquette. Essaient de ne pas se faire distraire par une main pendant que l’autre dissimule un geste crucial à l’illusion.

Habituellement, le spectateur n’y voit que du feu. Ou s’abandonne au plaisir de l’illusion.

Créativité

En matière de Finances publiques, la seconde option n’est évidemment pas souhaitable en démocratie.

Bien que la comptabilité publique puisse être aussi impressionnante – voire plus créative souvent – que la magie, on en conviendra.

Pendant des années, on nous a par exemple dit que les budgets étaient équilibrés, mais l’endettement global croissait quand même.

Eh oui, au Québec, les emprunts pour financer les infrastructures ne comptent pas vraiment comme une dépense, mais comme un investissement. (C’est dans cette colonne qu’aboutira le 3e lien, par exemple.)

Ce n’est pas le cas en Europe et même au gouvernement fédéral (quand il contribue à des infrastructures municipales), se désolait un ami ancien du Conseil du Trésor. Déficit zéro = zéro endettement.

Prudence

Revenons au gouvernement. La CAQ a promis mer et monde, et à la première occasion, alors qu’elle bénéficie de surplus historiques, offre ce qui semble être des demi-efforts.

Remarquez, c’est rassurant. Elle ne dépensera peut-être pas comme des marins en cavale, selon la fameuse expression. Ou des Leitao-Arcand en fin de mandat, ajouteront les mauvaises langues.

La prudence d’Éric Girard est appréciée. Mais c’est le mot « audace » que François Legault a répété douze fois lors de son discours d’ouverture, non ? Et hier, il a choisi de présenter une simple mise à jour économique dans le cadre d’un spectacle à grand déploiement. Le gouvernement ne peut quand même pas dire qu’il n’a pas fait monter les attentes comme si c’était un budget.

On me répliquera en soulignant qu’il met un peu plus d’argent, plus vite que prévu, pour les allocations familiales des moins favorisés, et ajoute un crédit d’impôt pour les aînés à faible revenu.

Tout ne pouvait pas être fait tout de suite, certes. Mais il y a tant de gros morceaux à venir qu’on se serait attendu à un peu plus dès hier.

Pensez-y : la CAQ a promis le nivellement des taux de taxes scolaire (700 millions à terme), l’abolition complète de la contribution additionnelle pour la garde d’enfants (160 millions), les prématernelles 4 ans (une dépense colossale qui pourrait atteindre 2 G$ en incluant la construction de nouvelles classes), le dépistage précoce des troubles d’apprentissage (40 millions), les services de maintien à domicile (200 millions), etc.

Je me dis : non, mais il doit y avoir un truc !