/opinion/blogs/columnists
Navigation

Mauvais début

Francois Legault
Simon Clark/Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

La mise à jour économique présentée par le gouvernement caquiste en a choqué plusieurs par l’hypocrisie entourant la hauteur réelle des surplus et les grenailles qu’ils retournent aux Québécois. Quant à moi, j’étais encore plus horripilé par sa manière de faire qui consacre et augure du clientélisme qui animera le gouvernement Legault dans les prochains mois. L’hypocrisie m’apparaît encore plus grande que celle imaginée en se remémorant son propos du discours inaugural où il déclarait vouloir être le premier ministre de tous les Québécois!

Continuant de rogner le respect à l’égard de l’Assemblée nationale, cette mise à jour économique a été présentée par le ministre des Finances, Éric Girard, devant un parterre de partisans en compagnie du premier ministre qui ne s’est pas gêné pour occuper l’avant-scène. Les modestes mesures annoncées touchent les ainés, les jeunes familles et surtout les entreprises. Elles sont loin de laisser entrevoir une vision de développement du Québec qui profitera à l’ensemble de ses citoyens. On peut comprendre la prudence d’un gouvernement entrant qui veut éviter de se montrer trop généreux pour ensuite aller rechercher ces cadeaux fiscaux, mais cela ne l’autorise pas à se comporter en poltron à l’égard de nos institutions démocratiques.

J’avais naïvement espéré que la lassitude entourant la dernière campagne électorale amènerait le gouvernement à sortir du clientélisme électoral qui fracture notre société et qu’il ferait preuve de plus de grandeur avec des projets rassembleurs. L’attitude d’hier nous éloigne de la solidarité autour de grands enjeux et entretient l’individualisme et le corporatisme ambiant.

Pour parodier un titre d’émission, ce n’est pas parce que monsieur Legault le dit que c’est vrai. Il nous faudra apprendre à faire la distinction entre ce qu’il raconte et ce qu’il fait. Hier, il n’était pas le premier ministre de tous les Québécois, les prochains mois nous diront s’il entend le devenir en s’attaquant aux grands enjeux de notre époque comme la dégradation de l’environnement et la croissance des iniquités.

Il faut donner une chance au coureur, mais il est plutôt mal sorti de ses blocs de départ.