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Afficher sa neutralité

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Une jeune enseignante musulmane, qui réagissait à la volonté du gouvernement Legault d’interdire le port de signes religieux, entre autres aux enseignants, trouvait inconcevable qu’une loi puisse l’empêcher d’afficher ses croyances et ses valeurs au travail. C’est parce que son attitude s’apparente à du prosélytisme qu’une telle loi s’impose !

Question d’histoire

Le parcours des Québécois pour s’extirper de la domination religieuse sur leurs institutions n’a pas été sans embûches ni sans résistance du clergé­­­. La laïcisation de leurs établissements scolaires date d’à peine un quart de siècle. L’indépendance de l’État à l’égard du clergé n’est pas si loin si l’on songe à l’ex-ministre Claude Ryan, qui évoquait la main de Dieu comme guide.

Les accommodements raisonnables découlant des chartes ont fait ressurgir la présence du religieux dans nos institutions et ont créé l’impression d’un retour en arrière. Ceci explique la réaction viscérale d’une large partie de la population qui s’oppose au port de signes religieux pour les employés de l’État.

Dramatisation excessive

Nous tergiversons depuis plus d’une décennie sur la laïcité de nos institutions. Nous avons eu droit au rapport de la Commission Bouchard-Taylor, demeuré sur les tablettes, à la charte péquiste avortée et à la loi 62 sur les services à visage découvert déboutée par un tribunal. Le gouvernement caquiste doit déposer un projet de loi qui reflétera la volonté manifeste des Québécois d’interdire le port de signes religieux pour certains employés de l’État.

Il n’est pas question d’exiger d’eux d’abjurer leur foi ou de ne plus fréquenter leur temple. L’interdiction de porter des signes religieux ne vise que le temps de travail pour qu’il reflète en toute cohérence la neutralité de l’État.

Le gouvernement ne devrait pas hésiter à recourir à la clause nonobstant. Il pourrait également offrir une période de transition aux employés pour s’adapter ou se mettre en quête d’un autre emploi.