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Code criminel: des parents endeuillés heureux du durcissement de la loi sur l'alcool au volant

Alcool au volant

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SAGUENAY – Le Code criminel aura plus de mordant contre l'alcool au volant à compter du 18 décembre.

L'entrée en vigueur de nouvelles dispositions ne fait pas l'unanimité, mais elles sont bien accueillies par Caroline Tremblay et Luc Simard, les parents de Johanny, 15 ans, qui a été happée mortellement par un récidiviste de l'alcool au volant.

Trente-trois mille personnes ont signé leur pétition lancée en 2015 pour demander un durcissement de la loi. Le couple a enfin l'impression d'avoir été entendu.

«Même si c'est la plus petite des modifications, toute amélioration nous donne l'énergie pour continuer à se battre, a confié Caroline Tremblay à TVA Nouvelles. Ça me confirme aussi que ma fille n'est pas morte pour rien et qu'on n'a pas fait la pétition pour rien.»

Les changements prévoient entre autres des amendes ajustées en fonction du taux d'alcoolémie dans le sang.

Certaines modifications risquent toutefois de faire l'objet de contestations.

En permettant par exemple aux policiers de soumettre un conducteur à un test de dépistage d'alcool, même s'il n'a pas les motifs de croire qu'il en a consommé, on s'attaque à la charte des droits et libertés, selon le criminaliste Charles Cantin.

«Ce chapitre-là devra certainement faire l'objet d'une contestation, a-t-il précisé. C'est déjà en balbutiements actuellement au niveau des associations des avocats de défense. On regarde ça d'assez près.»

«C'est positif parce que ça donne aux policiers une marge de manœuvre qu'ils n'avaient pas avant», a indiqué de son côté Mme Tremblay.

La nouvelle loi prévoit aussi l'élimination de certains moyens de défense pour les accusés.

«Sur le plan pratique, j'ai hâte de voir comment ça va s'articuler parce que ce n'est pas évident à comprendre», a indiqué Me Cantin.

Les parents de Johanny demeurent conscients qu'aucune loi ne réussira à enrayer complètement le problème de la conduite avec les facultés affaiblies.

«Les mailles d'un filet ne peuvent pas se resserrer assez pour nous permettre de tous les arrêter, mais au moins ceux-là qu'on a, on les a», a mentionné la mère de l'adolescente décédée.