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Code vestimentaire à l’Assemblée nationale: une réflexion est essentielle, selon le président Paradis

Le choix vestimentaire de certains élus de Québec solidaire fait réagir

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Si une majorité de députés tiennent au décorum à l’Assemblée nationale, le président François Paradis estime qu’une réflexion au sujet de la tenue vestimentaire des élus s’impose.

Le choix vestimentaire de certains députés de Québec solidaire a provoqué une avalanche de réactions mercredi dans les couloirs du parlement.

La députée solidaire Catherine Dorion portait des bottes Dr Martens, emblème de la cutlure punk, mardi dans le foyer du Parlement de Québec.
Photo Simon Clark
La députée solidaire Catherine Dorion portait des bottes Dr Martens, emblème de la cutlure punk, mardi dans le foyer du Parlement de Québec.

En l’absence de code strict pour les élus, les solidaires Catherine Dorion et Sol Zanetti se permettent de porter des jeans, des espadrilles et des bottes Dr Martens au prestigieux Salon bleu de l’Assemblée nationale.

La députée a assuré mercredi qu’elle se conformerait aux demandes du président de l’Assemblée nationale si jamais celui-ci réprimandait ses choix vestimentaires.
Photo Simon Clark
La députée a assuré mercredi qu’elle se conformerait aux demandes du président de l’Assemblée nationale si jamais celui-ci réprimandait ses choix vestimentaires.

Pour le premier ministre François Legault, les députés ne peuvent pas se vêtir n’importe comment au parlement.

«Moi, je fais confiance [au président de l’Assemblée nationale] François Paradis, mais il doit y avoir un certain décorum, je pense qu’on doit ça à la population», a-t-il lancé.

Selon lui, l’habillement est «une question de jugement et de bon goût».

Le député libéral Gaétan Barrette estime quant à lui que le choix de vêtements des députés solidaires s’apparente à de la provocation.

« L’habillement demeure une forme de message et à Québec solidaire, on est toujours prêt à envoyer des messages», a lancé mercredi le Dr Barrette, à l’entrée de la réunion quotidienne de l’aile parlementaire libérale.

  • ÉCOUTEZ AUSSI la réaction de l’ancien président de l’Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau: 

Le chef intérimaire du Parti québécois estime pour sa part qu’on ne doit pas abandonner le port de la cravate au Salon bleu du parlement.

« On pense que ça s’impose. Je pense qu’on peut se faire remarquer autrement que par son habillement, comme par la justesse de ses idées, par la rigueur de ses interventions, il y a toutes sortes de façons de gérer son image. Nous, on préfère se concentrer sur le propos », a dit Pascal Bérubé.

Se pencher sur la question

Le nouveau président de l’Assemblée nationale croit néanmoins que le temps est venu de se pencher sur la question.

«Moi, ce matin, je suis heureux parce que cette réflexion-là, elle est essentielle, elle est saine», a confié le caquiste François Paradis, inhabituellement sorti de son devoir de réserve.

«C’est vrai que la réglementation est très large. On parle de tenue de ville contemporaine : il y a 100 ans et aujourd’hui, ce n’est pas la même chose, il y a des choses qui évoluent», a insisté le président Paradis.

À travers le monde

Le député caquiste de Lévis a souligné que cette réflexion sur le code vestimentaire des élus se fait partout à travers le monde.

En France, les députés ont le droit de siéger à l’Assemblée nationale sans veste ni cravate depuis l’an dernier.

Est-ce que cet accessoire qui symbolise l’élégance pourrait ne plus être obligatoire au Salon bleu du parlement québécois?

François Paradis n’a pas voulu se lancer dans l’analyse de chaque vêtement. «Je suis très ouvert à tout ce qui peut être proposé, ça va faire partie des avenues potentielles», a-t-il néanmoins glissé.

Le dossier sera traité au Bureau de l’Assemblée nationale, où siègent tous les partis politiques.

Ce qu'ils ont dit

«On se doit d’avoir un certain décorum, avec les décennies, toutes les décisions qui se prennent ici à Québec, pour moi c’est totalement inacceptable.»

– Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement caquiste


«Le respect de l’institution, il s’incarne avant tout dans son comportement, dans l’utilisation qu’on fait des fonds publics, dans le sérieux qu’on a dans notre travail de député. Je pense que la couleur de la chemise ou le motif de la jupe, c’est pas mal plus secondaire.»

– Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire