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Karma à 2 visages

Fatigue au volant
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Au quotidien, je ne suis pas quelqu’un de chanceux dans la vie. Quand je vais à l’épicerie, je prends invariablement la caisse qui prendra le plus de temps. Quand j’achète un objet, c’est plus souvent qu’autrement la boite dans laquelle il manque des accessoires. D’un autre côté, je suis aussi quelqu’un de très chanceux. Je fais le métier que j’aime, j’ai des enfants et une femme formidable et je dois admettre que quand il m’arrive un incident très fâcheux je m’en sors plutôt bien.  

Je vous donne un exemple très récent pour illustrer mon point. Lundi, je roulais tranquillement sur l’autoroute en direction d’un spectacle. Je mets mon clignotant pour prendre une sortie et soudain je vois quelque chose dans mon angle mort qui semble être une voiture roulant à toute vitesse. J’ai à peine le temps de donner un coup de volant pour éviter le pire. Je percute alors un panneau de signalisation. Heureusement ce n’est que les portes du côté passager qui sont touchées. Lorsque j’ai donné le coup de volant, la porte passager devait être mal fermée, car elle s’est ouverte en laissant sortir mon sac à dos qui contenait mes chaussures et mon ordinateur. Je m’en suis rendu compte trop tard et même en retournant sur les lieux, je n’ai pu que récupérer mon sac, complètement vide et éventré sur le bord de l’autoroute.   

Je vous raconte ceci avec des souvenirs assez flous. Quand ce genre de moments arrivent, tout va à la fois très vite et très lentement.  

Une chose est certaine, les chances de perdre son sac à dos dans ce genre d’incident était surement très minces. C’est mon genre de chance. D’un autre côté ça aurait pu être bien pire. J’aurais pu me blesser, ou même pire, blesser quelqu’un d’autre. Tous les scénarios se sont bousculés dans ma tête. Certains où j’évitais l’accident, certains où j’étais très abimé.   

Ce matin, je me suis levé dans mon lit avec ma femme, mes enfants, ma maison, ma vie. Je n’irai pas jusqu’à vous dire que je respirais le bonheur, j’étais évidemment encore un peu secoué. J’essayais encore de recréé le moment avec le plus d’exactitude possible, mais je dois me rendre à l’évidence, tout cela restera flou dans ma tête,  

Force est d’admettre que mon karma possède deux visages. Un qui me fait vivre, un peu trop souvent, des moments de malchance. Des petits incidents, à la limite des anecdotes cocasses. Mais quand il m’arrive quelque chose de plus sérieux (l’accident, la voiture qui a percuté ma maison, l’hypoglycémie qui m’a brulé le pied et fracturé l’épaule) l’autre visage de mon karma se manifeste. Celui qui me protège du pire. Celui qui fait en sorte qu’aujourd’hui je peux vous raconter cette histoire, en un seul morceau.  

Est-ce que je suis protégé de tout pour autant? Pas du tout. Disons, simplement, qu’aujourd’hui j’aime mieux voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide.