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Et si le télétravail nuisait à la santé ?

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Anne-Claire Dalmont - 37e AVENUE

 

Gain de temps, souplesse des horaires, économie sur les frais de transports : les avantages du télétravail ne manquent pas, tant pour les salariés que pour les employeurs. Pourtant, des études révèlent qu’il peut aussi avoir des effets néfastes sur la santé.

Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) relève en effet des risques liés à cette pratique, qui entraîne éloignement et isolement. Il existe des risques physiques, notamment en raison de bureaux inadaptés qui ne répondent pas aux normes de santé et de sécurité. Cela peut entraîner plusieurs types de pathologies : auditives, visuelles ou musculo-squelettiques.

Un autre problème est en outre pointé du doigt : les télétravailleurs ne seraient pas toujours en mesure de faire la distinction entre leur vie professionnelle et familiale, augmentant ainsi leur niveau de stress et les risques d’insomnie. Un rapport sur les impacts du télétravail publié en 2018 par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) indique d’ailleurs que « les télétravailleurs éprouveraient davantage de symptômes liés au stress mental que les employés de bureau ». Selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT) publiée en 2017, 42 % des personnes travaillant en permanence à domicile et 42 % des télétravailleurs dits très mobiles déclarent se réveiller plusieurs fois par nuit, alors qu’ils ne sont que 29 % chez les personnes employées sur leur lieu de travail.

Enfin, si les télétravailleurs jouissent de plus d’autonomie et sont maîtres de leur emploi du temps, ils doivent en contrepartie faire face au sentiment de solitude que provoque l’absence d’intégration à l’entreprise. Une situation qui serait davantage vécue par les « travailleurs très mobiles », selon le rapport de l’OIT. Une étude de l’Université de Chicago, publiée en 2018, a tenté de mesurer les effets de la solitude et les résultats font froid dans le dos. « Pour ceux qui souffrent de solitude, la probabilité d’un décès prématuré augmente de 26 %, sans compter l’irritabilité, la dépression et l’égocentrisme. »

Comment trouver l’équilibre ?

Avoir un espace dédié au travail : il est primordial d’avoir une pièce ou un endroit exclusivement réservé afin de cloisonner les espaces et ne plus avoir la tête au travail les soirs et les week-ends.

Se déconnecter : le rapport de l’OIT préconise un « droit à la déconnexion ». Ainsi, s’accorder un vrai temps de repos en dehors des heures de travail, sans courriels, permettrait de mieux faire la distinction entre vie professionnelle et vie privée et donc d’éviter l’épuisement.

Adopter une routine de travail : avoir des horaires fixes est important pour ne pas empiéter sur sa vie personnelle. Établir une heure de début et une heure de fin, s’accorder des pauses régulières où l’on quitte son poste de travail pour s’étirer et pour marcher : tout cela permet d’avoir un rythme et de limiter le sentiment d’isolement. Le réseautage lors de 5 à7 ou de salons permet également de maintenir un lien social.

Maintenir un contact avec le bureau (si bureau il y a) : Assister aux réunions et aux rencontres qui ont lieu au bureau aussi souvent que possible afin d’éviter de devenir « invisible », c’est ce que recommande le CCHST. Ainsi, garder un contact régulier avec ses collègues et supérieurs hiérarchiques permettrait de maintenir le sentiment d’appartenance à l’entreprise et d’éviter de se sentir exclu. Il est aussi conseillé d’informer régulièrement ses superviseurs des progrès ou difficultés rencontrés, et ce, afin de pouvoir déterminer si des heures supplémentaires sont nécessaires.