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Le français, qu’ossa donne?

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Pitoyable. Lorsqu’on est mairesse de Montréal, donner un discours en anglais seulement dans la seule grande ville de langue française en Amérique est une honte. Le sujet du discours de Valérie Plante, ironiquement, était l’« intelligence artificielle ».

En se comportant de la sorte sur une scène publique, Valérie Plante a manqué gravement d’intelligence politique. Comme si elle se pensait devenue guide pour touristes américains, ses premiers mots furent : « Good morning and welcome to Montreal ». La belle affaire.

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La mairesse s’en est excusée beaucoup plus tard, mais le dommage politique est fait pour elle. Il est fait parce que ce discours In English Only n’est pas un accident de parcours.

Il participe de son indifférence connue envers le français et de son incapacité troublante à bien saisir sa pleine dimension politique et identitaire. Sa propension à parler souvent « en bilingue » en est un autre indice.

Idem pour le drapeau du Québec. Contrairement au protocole, son déploiement à l’hôtel de ville sous l’administration Plante fut ignoré pendant des mois.

Alors, quel est son problème ? La question est sur toutes les lèvres. Comment se fait-il que Mme Plante, originaire de Rouyn-Noranda et mairesse d’une grande métropole de langue française, manque aussi souvent à son devoir d’exemplarité ?

Triple affront

Verrait-elle le français comme une langue parmi d’autres ? Sur un plan plus personnel, comme tant d’autres de sa génération, prendrait-elle plus plaisir à parler l’anglais pour faire « ouverte sur le monde » ? Le tout, au point d’en oublier jusqu’à sa responsabilité ultime comme mairesse de contribuer au rayonnement de la langue française.

Si oui, elle devrait faire un petit voyage en Ontario. Pendant que nos voisins franco-ontariens se battent à nouveau pour défendre leur droit à leurs propres institutions, le désintérêt évident de Mme Plante pour le français est un triple affront. Un affront à son poste, aux citoyens de sa ville et à nos amis franco-ontariens.