/news/politics
Navigation

Pas de consensus sur le sort des 700 combattants étrangers détenus en Syrie

Harjit Sajjan
AFP Harjit Sajjan

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le sort de quelque 700 combattants étrangers détenus en Syrie sera laissé à la discrétion de leur pays d’origine, a déclaré jeudi le ministre canadien de la Défense à l’issue d’une réunion internationale près d’Ottawa.

« Tous les pays devront suivre leur propre processus », a indiqué Harjit Sajjan, qui s’exprimait après une réunion jeudi matin à Chelsea, près d’Ottawa, des ministres ou hauts responsables de la Défense de 13 pays membres de la coalition internationale antidjihadiste en Irak et Syrie emmenée par les États-Unis.

Entre temps, « beaucoup d’investissements ont été faits dans les centres de détention pour s’assurer qu’ils soient conformes à nos normes (occidentales) », a ajouté le ministre.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants arabo-kurde alliée des Occidentaux, détiennent ces prisonniers venus d’une quarantaine de pays, selon le ministre américain de la Défense Jim Mattis.

Le groupe armé État islamique a envahi une grande partie de l’Irak et de la Syrie en 2014, et a proclamé « un califat » à travers les territoires qu’il contrôlait. Les offensives militaires de la coalition et de ses alliés locaux ont mis les djihadistes en déroute.

Certains États membres de la coalition ne veulent pas rapatrier les combattants en raison des difficultés à rassembler des preuves dans une zone de guerre et pour éviter une radicalisation de leurs prisons.

Mais Washington souhaite que « les pays d’origine » de ces combattants « les rapatrient, car c’est réellement hors des capacités des FDS, un acteur non étatique, de détenir ces individus à long terme », a plaidé Jim Mattis dans l’avion le conduisant à Ottawa.

Le régime syrien et ses alliés contestent la légalité du contrôle effectif de la coalition sur le nord de la Syrie, à majorité kurde.

Les Occidentaux répliquent qu’ils veulent « stabiliser » le nord de l’Irak pour éviter une résurgence de l’ÉI dans cette région et continuer à combattre les réseaux d’information et de propagande des djihadistes.

Au cours des travaux de préparation de cette réunion, « les délégations des autres pays étaient tout à fait catégoriques: ils continuent » le combat contre l’ÉI, a noté M. Mattis. « Il y a encore du travail à faire », a-t-il souligné.

La réunion de Chelsea a rassemblé des hauts responsables de la défense et des représentants de 13 pays, dont l’Australie, le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis.