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Poivre de Cayenne dans le métro: l'accusé déclaré délinquant à contrôler

Émile Yombo
PHOTO COURTOISIE, SPVM Émile Yombo

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En plus d’écoper de 45 mois de prison, un Montréalais qui a paralysé le métro en pleine heure de pointe en aspergeant un usager de poivre de Cayenne a reçu l’étiquette peu enviable de délinquant à contrôler.

« La panique s’était installée, tout le monde a voulu sortir en même, des lignes de métro ont été stoppées », a déploré la juge Marie-Josée Di Lallo avant de condamner Émile Yombo, jeudi au palais de justice de Montréal.

Yombo, 29 ans, a commis son crime à l’été 2017, à la station Berri-UQAM. Ce jour-là, il avait vu un homme avec qui il s’était disputé la veille. Mécontent, il l’a aspergé de poivre de Cayenne sur la rame, puis dans un wagon.

« Tous les services d’urgence ont été mobilisés, il a provoqué l’arrêt de trois lignes de métro durant 29 minutes, les dommages ont été évalués à 23 200 $ », avait expliqué la procureure Sylvie Lemieux lors du plaidoyer de culpabilité.

Quelques jours plus tôt, il avait fait de même avec un employé dans un café, parce que ce dernier avait refusé de lui donner de la glace pour mettre dans un verre plein d’alcool. Il avait aussi aspergé un homme dans un parc, et un commis dans un restaurant Subway.

« Moi, je suis méfiant, c’est rare que j’aie une bonne impression de quelqu’un », a expliqué Yombo à une psychologue, tout en se déresponsabilisant et en blâmant les victimes.

Lors de chaque événement, Yombo était sous le coup d’une probation et d’engagements à la cour de ne pas porter d’arme.

L’ensemble de ces crimes a incité la juge à condamner Yombo à 45 mois de prison, comme le demandait la Couronne. La magistrate a souligné que le risque de récidive était élevé et que l’accusé devait apprendre à gérer ses émotions et sa colère.

La juge a également accepté de déclarer Yombo délinquant à contrôler, pour une durée de 5 ans. Cela signifie que même après sa peine de prison, il sera surveillé de près par les services correctionnels.

« M. Yombo est un homme intelligent, s’il y met de la volonté, qu’il suive des thérapies, il deviendra l’actif pour la société qu’il souhaite devenir », a expliqué la juge.

Yombo, qui se défend seul, a annoncé dans la salle d’audience qu’il allait porter la décision en appel.