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Safia Nolin a fait des petits

Catherine Dorion
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Je parle de Safia Nolin, mais je pourrais tout aussi bien parler de plusieurs autres. De Jean Leloup, de Plume Latraverse, de Fred Fortin ou de Catherine Dorion dont certaines déclarations récentes portent à croire qu’elle en fume du bon.  

Histoire de rafraîchir la mémoire des lecteurs, je rappellerai que Madame Dorion, tout de même titulaire d’une maîtrise en sciences politiques du Kings’s College de Londres, défend l’amour libre, préconise la nudité dans le vestiaire des piscines publiques et vante le potentiel révolutionnaire du désir. Rien de moins.     

Poétesse, comédienne et députée de Québec solidaire, elle revendique maintenant le droit de s’habiller comme elle l’entend dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Tuque, Doc Martens, camisole et jogging tru-fit compris. C’est qu’elle tient, dit-elle, à s’habiller comme les travailleurs du milieu culturel dont elle fait partie et comme les gens qu’elle croise sur les trottoirs de Limoilou.  

MÊME À LA TÉLÉVISION  

Dans son offensive contre le code vestimentaire non écrit de l’Assemblée nationale, Catherine a des alliés. Au Parlement, Émilise Lessard-Therrien, toute agricultrice qu’elle soit, s’habille comme une cégépienne et Sol Zanetti, lui, s’habille comme le prof de secondaire qu’il est : jeans, baskets et chemise fatiguée.  

L’Assemblée nationale n’est pas le seul endroit où existe un code vestimentaire, écrit ou non. Les palais de justice, les lieux de culte, les sièges sociaux, les banques, les cabinets professionnels et les grands bureaux en ont un également. Il y en avait un aussi jusqu’à ces dernières années dans les studios de télévision, mais il s’érode graduellement.   

Il n’y a pas si longtemps, jamais on n’aurait vu un lecteur de nouvelles, un animateur ou un commentateur sans cravate. Encore moins sans veston. On n’aurait jamais vu d’animatrice décolletée jusqu’au nombril ou en robe soleil. À part Daniel Pinard, Dieu merci ! personne n’a fait la cuisine à la télé en bermuda et pieds nus dans des sandales.  

UNE QUESTION DE RESPECT   

Autant à Radio-Canada qu’à TVA, par respect pour l’auditoire, on apparaissait à l’écran dans des vêtements impeccables. Nos hommes politiques portaient toujours veston et cravate. Aucune femme, députée ou ministre, ne se présentait en studio en minijupe ou en robe sans manches. Aucun artiste et aucune personnalité politique n’auraient à la télévision ou à la radio parlé comme un charretier ou sacré comme un bûcheron. Question de respect pour l’auditoire et la fonction.  

Par je ne sais quelle dérive, le gala de l’ADISQ fut l’un des premiers où on a bafoué le protocole non écrit qui existait depuis le début de la télévision. On a tout entendu et tout vu à l’ADISQ, même les fesses d’Hubert Lenoir.  

Que les artistes, qui ont tous un vif besoin d’attention, fassent de la provocation, je peux comprendre, mais est-ce le rôle d’un homme ou d’une femme politique ? Nos lois seront-elles plus équitables parce qu’on en débattra avec une tuque sur la tête et des baskets aux pieds ?  

Est-ce pour protester contre le code vestimentaire de l’Assemblée nationale ou pour attirer l’attention que Catherine Dorion et ses collègues s’habillent comme s’ils étaient à la maison sous prétexte d’être eux-mêmes ? Je ne vois dans leur attitude comme dans celle de certains artistes qu’un manque de respect flagrant pour qui nous sommes.