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Un complice de Gilles Vaillancourt radié pour 6 mois

Gilles Vaillancourt, photographié ici en décembre 2016.
Photo d’archives Gilles Vaillancourt, photographié ici en décembre 2016.

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Un ex-dirigeant de firmes de génie impliquées dans la collusion à Laval sous le règne de Gilles Vaillancourt vient d’être radié six mois par son ordre professionnel, en plus de devoir payer une amende de 10 000 $.

Après avoir été reconnu coupable d’infractions criminelles, ce qui lui a valu une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité, Guy Jobin subit les foudres de l’Ordre des ingénieurs (OIQ).

L’ancien patron des firmes Équiluqs et Jobin Courtemanche a admis devant l’OIQ qu’il y avait un lien entre l’exercice de sa profession et sa condamnation prononcée en 2017 par le juge de la Cour supérieure James Brunton.

Cartel

L’enquête policière, qui a fait la lumière sur le système mis en place à Laval par l’ex-maire Gilles Vaillancourt, a montré que M. Jobin faisait partie dès 2002 d’un groupe de dirigeants de firmes de génie qui se partageaient de façon illégale les contrats de la Ville.

Ce cartel était formé de neuf compagnies, dont les géants Dessau, CIMA+ et Génivar.

En échange d’une ristourne de 2 % de l’ensemble des contrats qu’elles obtenaient, versée au parti du maire PRO des Lavallois, ces firmes s’assuraient une part du gâteau en truquant le système d’appel d’offres.

Truqué

La répartition des contrats était décidée à l’avance par Gilles Vaillancourt et le directeur général de la Ville, Claude Asselin, qui communiquaient leurs choix au directeur de l’ingénierie, Claude Deguise.

Ce dernier contactait ensuite les ingénieurs « gagnants » qui appelaient eux-mêmes les autres firmes pour s’entendre sur les prix. Les ingénieurs « perdants » envoyaient alors des soumissions bidon supérieures au prix du gagnant et le tour était joué.

M. Jobin avait été arrêté en 2013, en même temps que Vaillancourt, au cours de l’opération Honorer, menée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Dans sa décision, le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs fait remarquer que « la conduite de [Guy Jobin] porte ombrage à l’ensemble de la profession », mais que le risque de récidive est faible.

M. Jobin est présentement employé du Groupe Civitas, une entreprise née de la fusion entre Équiluqs et la firme d’arpentage XYZ Civitas.

Avant la fusion, Équiluqs avait perdu des contrats à Montréal, en raison de la présence dans l’entreprise de l’ex-directeur des travaux publics de la Ville, Robert J. Marcil, radié par l’OIQ après son passage à la commission Charbonneau.