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Rencontre avec les vedettes de demain en humour

Rencontre avec les vedettes de demain en humour
Photo Samuel Pasquier, leconsulat.ca

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Ils ont de 27 à 33 ans et sont les vedettes de demain en humour. Tous en lice dans la catégorie Découverte de l’année au gala Les Olivier de demain, Sam Breton, Yannick De Martino, Les Grandes Crues (Ève Côté et Marie-Lyne Joncas), Maude Landry et Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques ne ressentent pourtant aucune compétition entre eux. C’est la camaraderie qui prime avant tout. Le Journal a rencontré les jeunes comiques dont la promotion de la carrière passe beaucoup par le web.

Dans le studio de photo du Mile-End où nous retrouvons les six humoristes, la rigolade est de mise. Tous se connaissent déjà très bien et se côtoient régulièrement dans les différentes soirées d’humour qui se sont multipliées au cours des dernières années.

« J’ai l’impression que plus l’humour évolue, plus il y a une sorte de camaraderie, observe Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques. T’écoutes les humoristes des années 1980 et ça avait l’air d’être pas mal du monde seul. Aujourd’hui, tout le monde se connaît et y’a plein de vases communicants. C’est ça qui donne la force à l’humour. »

Pour le gala de dimanche, presque tous s’entendent pour dire qu’ils n’attachent pas trop d’importance à la victoire. « Je suis très compétitif dans la vie, mais que ce soit n’importe qui qui gagne, je vais être content, dit Sam Breton. Tout le monde pourrait gagner. On pourrait facilement monter un top 10 [pour cette catégorie]. Ça prouve que la compétition est forte. »

Yannick De Martino, de son côté, dit ne pas vouloir l’emporter. « J’aime mieux perdre dans la vie. Je trouve ça moins difficile à gérer. Les prix, j’aimerais ça que ça n’existe pas. Mais je vis dans cette réalité-là. »

L’impact du web

Alors que certaines années aux Olivier, les humoristes en lice dans la catégorie Découverte de l’année étaient de jeunes blancs-becs très peu connus du grand public, les finalistes cette année roulent déjà leur bosse dans le milieu depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui a changé ? En plus des lieux de diffusion, qui sont plus nombreux que jamais, les jeunes humoristes peuvent se faire rapidement connaître sur le web.

« Pour nous, le web a tout changé, dit Ève Côté, des Grandes Crues. À partir de la première capsule qu’on a faite, le 12 février 2017 à 15 h, on a vu l’impact. Ç’a été un avant et un après. Ç’a vraiment joué un très grand rôle. »

« En début de carrière, j’étais moins présent sur le web, mentionne Yannick De Martino. Mais dernièrement, j’ai commencé à publier des sketches en ligne et j’ai eu l’impression que ma carrière a eu un second souffle. Les gens se sont mis à penser plus à moi. C’est là que j’ai commencé à jouer dans Like-moi. »

Créer un contact

Est-ce que le web fera partie intégrante de la promotion de leur future tournée ? « Je crois encore beaucoup aux gros panneaux sur la 25 qui coûtent 40 000 $, lance un Philippe-Audrey pince-sans-rire, sous l’hilarité générale. Le web permet de personnaliser quasi gratuitement et de cibler ta clientèle. »

« Ça nous rapproche de notre public, dit Maude. Ça crée un contact, une proximité. Les gens nous voient dans notre quotidien. »

« Je trouve qu’avec le web, tout est une pub, mais rien n’est une pub, renchérit Yannick De Martino. On dirait qu’on se promeut tout le temps. Je vis une relation amour-haine avec les réseaux sociaux. Quand je mets une vidéo, je préfère qu’elle soit simplement comique, sans que ce soit une pub évidente. »

« Il faut que la publicité soit subtile, ajoute Marie-Lyne Joncas, des Grandes Crues. Essayer de pousser de la pub dans la gorge des gens, c’est moins vendeur. Tant qu’à ça, t’es mieux de faire plein de shows pour développer le bouche-à-oreille. »

Sam Breton, 29 ans

​​Finissant de l’École nationale de l’humour en 2013, il est reconnu pour ses talents de conteur.

Comment décrit-il son année 2018 ?

« J’ai commencé à faire plus de dates pour mes rodages. J’ai bénéficié énormément du bouche-à-oreille, qui est ma meilleure publicité. J’ai aussi fait plein d’apparitions télé. Ç’a eu un effet canon. Je suis allé chercher du monde qui ne m’avait jamais vu. »

Comment entrevoit-il 2019 ?

« Le bouche-à-oreille devrait se poursuivre. Je vais aussi lancer mon spectacle Au pic pis à pelle. »

www.sambreton.com

Yannick de Martino, 29 ans

Humoriste autodidacte adepte d’humour absurde, il a gagné l’édition 2011 d’En route vers mon premier Gala Juste pour rire.

Comment décrit-il son année 2018 ?

 C’est là que j’ai commencé à jouer. Ç’a été la découverte de nouvelles aptitudes dans mon jeu. Ç’a influencé ce que je faisais sur scène. J’ai pris plus de risques dans mon style d’humour. »

Comment entrevoit-il 2019 ?

« Ce sera le rodage de mon nouveau spectacle [Les dalmatiens sont énormes en campagne] »

► yannickdemartino.com

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques, 31 ans

Humoriste le plus intellectuel de sa génération, il n’hésite pas à citer Émile Nelligan pour puncher un gag.

Comment décrit-il son année 2018 ?

« Ç’a été aussi une année haute en émotions. L’année a commencé avec de gros revers difficiles à accepter, des projets qui n’ont pas marché. Mais après, j’ai eu un moment un peu féerique avec le show de l’École de l’humour [pour le 30e anniversaire]. Ça m’a libéré, ce moment-là. La première portion de l’année, j’avais eu une grosse remise en question. J’étais ultra découragé. Après ça, ça m’a libéré. J’ai arrêté d’avoir peur. »

Comment entrevoit-il 2019 ?

« De nouveaux défis, de nouveaux projets. Je veux me concentrer sur la scène, car j’en ai peu fait l’an dernier. »

► www.philippe-audrey.com

Maude Landry, 27 ans

La plus jeune des finalistes de cette année, elle fait de l’humour de type stand-up qui est souvent volontairement champ gauche.

Comment décrit-elle son année 2018 ?

« Elle a été chargée en émotions. D’abord à cause de l’actualité [avec le mouvement #moiaussi], on a tous un peu vécu de quoi. Des pages du livre ont été déchirées. Outre ça, j’ai commencé à faire plus d’affaires, à développer une constance. Je suis de plus en plus demandée. Je commence à dire non à des affaires. »

Comment entrevoit-elle 2019 ?

« Ce sera mon rodage. Je travaille le spectacle d’un soir à l’autre. C’est comme un puzzle. Sinon, je fais un peu de télé par-ci par-là. Je suis en train d’écrire une série télé tragicomique avec un ami. »

► maudelandry.com

Les Grandes Crues

Ève Côté, 33 ans, et Marie-Lyne Joncas, 31 ans

Originaires de la Gaspésie (Ève) et du Lac-Saint-Jean (Marie-Lyne), les Grandes Crues font de l’humour décoiffant qui ne s’adresse pas aux oreilles chastes.

Comment décrivent-elles leur année 2018 ?

« Il y a eu beaucoup de défis relevés, dit Marie-Lyne. Tout va selon le plan. Nous avons eu un beau défi d’animation d’un gala, cet été, au Grand Montréal comédie fest. »

Comment entrevoient-elles 2019 ?

« Le public était au rendez-vous l’an dernier et nous espérons qu’il le sera encore l’an prochain, dit Ève. Nous avons des spectacles au calendrier jusqu’à la mi-2020. Nous sommes sur le gros vin. Nous espérons que l’estomac ne nous lâchera pas ! »

► www.sixiemesens.ca/artistes/les-grandes-crues/


► Le gala Les Olivier sera présenté dimanche, à 19 h 30, sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé.