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Lionel Carmant fait de l’enflure verbale

Lionel Carmant
Photo Agence QMI, Simon Clark Lionel Carmant

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a défendu mercredi son projet de loi sur la hausse de l’âge légal de consommation de cannabis à 21 ans au Québec. Pour comprendre les impacts du cannabis sur les jeunes, il estime qu’il faut voir « la résonance magnétique, les images du cerveau d’un enfant qui a consommé de façon chronique et répétée du cannabis et qui voit son cerveau rapetisser au fur et à mesure de sa consommation. »

Les faits

Le ministre Carmant fait de l’enflure verbale. L’image d’un cerveau qui rapetisse littéralement au rythme d’une grande consommation de cannabis est exagérée. « Ce n’est pas rapetisser, mais plutôt des changements dans certaines régions du cerveau », explique la Dre Gabriella Gobbi, une chercheuse et psychiatre de l’Université McGill.

Elle cite notamment une importante revue scientifique de 2016, qui souligne des « anormalités » de volume dans les régions du cerveau où se trouvent les plus importants récepteurs cannabinoïdes.

Toutefois, cette étude ne peut conclure si la réduction du volume de ces régions du cerveau a un impact chez les consommateurs.

« Mais il y a d’autres études qui démontrent les effets négatifs de la consommation du cannabis [sur le cerveau des] consommateurs », souligne la Dre Gobbi. La revue scientifique permet aussi de distinguer « une différence significative » entre le cerveau de ceux qui n’ont jamais fumé et ceux qui fument.