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QS divisé sur les signes religieux

Le parti souhaite «dépoussiérer» sa position sur la question en vue du débat sur le projet de loi sur la laïcité

QS divisé sur les signes religieux
Photo MARIO BEAUREGARD

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MONTRÉAL | Deux camps s’affrontent au sein de Québec solidaire : les « inclusifs » et les tenants d'une laïcité plus ferme. En mars, les militants devront trancher et vont revoir la position du parti, qui défend présentement l’interdiction des signes religieux pour les juges, les gardiens de prison et les policiers.

« C’est sain. Ce que ça démontre, c’est que QS n’est pas le parti dogmatique qu’on tend à vouloir dépeindre. Il y a de la vie, il y a de l’échange, il y a de la discussion. Ce n’est pas tout le monde qui pense pareil », a affirmé la chef parlementaire Manon Massé samedi lors d’une mêlée de presse à l’entrée du Conseil national postélectoral du parti, à Montréal.

Québec solidaire (QS) veut avoir une position « dépoussiérée » sur cette question en prévision du débat sur le projet de loi sur la laïcité promis par le gouvernement Legault.

Le parti distribuera un document de réflexion à ses membres, mais déjà, les camps s’activent. Les « solidaires pour un Québec inclusif » distribuent un dépliant qui souligne que « la droite identitaire instrumentalise et déforme le concept de laïcité ». Pour eux, c’est l’État qui doit être laïque, et pas ses employés.

Lise Boivin, coordonnatrice du Collectif de la laïcité de Québec solidaire, propose plutôt l’interdiction totale des signes religieux pour tous les fonctionnaires. Elle s’appuie sur un « sondage récent » qui révèle que 50 % des sympathisants de QS sont favorables à sa position.

Au sein même de la députation de QS, les avis sont nombreux. La députée de Sherbrooke Christine Labrie « ne serait pas à l’aise qu’on fasse perdre leur emploi à des gens ». « Ça vaut la peine de se poser la question à savoir si c’est encore la meilleure position », a-t-elle dit. Émilise Lessard-Therrien de Rouyn-Noranda–Témiscamingue soutient que « le compromis Bouchard-Taylor, pour l’instant, c’est la position avec laquelle je suis confortable ».

25 000 membres

Les militants du parti se sont par ailleurs réunis à Montréal pour faire le point sur la campagne électorale. De 8000 membres en 2016, ils en comptent maintenant près de 25 000. Le budget de l’aile parlementaire de la formation maintenant reconnue officiellement à l’Assemblée nationale est passé de 281 000 $ à 1,7 M$ annuellement.

Ils avaient trois élus montréalais, ils en ont maintenant 10 dans quatre régions. Les solidaires seront aussi plus présents dans les débats parlementaires : de trois questions par deux semaines et demie, ils ont maintenant droit à une ou deux questions par jour au Salon bleu.

« Avant, on était en réaction à ce que les autres partis proposaient. Maintenant, on s’inscrit chaque jour dans l’actualité », a indiqué M. Nadeau-Dubois.