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Actrice libérée

District 31
Photo courtoisie Radio-Canada, Karl Jessy

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Hélène Bourgeois-Leclerc avait joué dans deux des plus grands phénomènes télévisuels de l’histoire du Québec, le Bye Bye et Les Bougon, avant d’obtenir le rôle d’Isabelle Roy dans District 31. Deux ans et demi après l’entrée en ondes du drame policier de Luc Dionne, l’actrice se montre sans équivoque: aucune comparaison n’est possible entre ce qu’elle a vécu et ce qu’elle expérimente depuis qu’elle campe une sergente-détective au quotidien.

«District, c’est autre chose, affirme la comédienne à l’autre bout du fil. On est dans la maison du monde quatre jours par semaine, huit mois par année. Les gens qui nous suivent sont fans pas à peu près. On m’appelle Isabelle dans la rue à tous les jours. Les gens me font des câlins quand elle traverse quelque chose de difficile. On existe dans leur cœur. C’est extrêmement touchant.» 

Au moment de notre entrevue, Hélène Bourgeois-Leclerc profite d’une rare journée loin des plateaux de tournage de District 31. Elle retrouvera ses partenaires le lendemain pour poursuivre le tournage d’épisodes qui seront diffusés au retour des Fêtes. 

Quand elle reçoit notre appel, l’actrice originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean est en route vers Québec, où elle assurera la promotion du film d’animation La course des tuques, dans lequel elle prête sa voix au personnage de François les Lunettes.  

Questionnée à propos du fameux «rebondissement majeur» annoncé par l’auteur Luc Dionne en début de saison, sur lequel la série devrait quitter l’antenne pour Noël le jeudi 20 décembre, notre interlocutrice laisse échapper un petit cri d’excitation avant de préciser qu’elle ne peut rien dévoiler. 

«La finale va nous tenir en haleine... mais le retour des Fêtes est fracassant. Luc Dionne est vraiment habile. C’est pas mal bon... et c’est tout ce que je peux dire!» 

Gâtée

Hélène Bourgeois-Leclerc se décrit comme une comédienne gâtée avec District 31. Non seulement parce qu’elle tourne presque sans arrêt, mais parce qu’elle souhaitait décrocher un rôle du genre depuis longtemps, depuis sa sortie de l’option théâtre du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, pour être plus précis. 

«J’ai toujours fait des shows qui demandaient un type de jeu plus grand que nature, comme le Bye Bye, Les Bougon, Mauvais karma, Annie et ses hommes... Je n’avais jamais joué dans quelque chose d’hyper réaliste et minimaliste comme District. Ça m’a fait beaucoup évoluer comme actrice.» 

Isabelle Roy n’a pas connu un automne de tout repos aux crimes sexuels du Service de police du Grand Montréal. Après avoir démasqué les auteurs d’un crime d’honneur contre une jeune musulmane lesbienne, son univers a failli basculer quand un violeur qu’elle tentait d’épingler est entré de force chez elle. En dépit du traumatisme qu’elle a subi, la sergente-détective a initialement refusé d’aller chercher de l’aide professionnelle. 

«Pour moi, le fait qu’elle se braque montre qu’elle sait comment se protéger, commente Hélène Bourgeois-Leclerc. Au fil des années, elle s’est forgé une carapace. Elle n’avait pas d’autre choix. Sinon, elle n’aurait jamais été capable de passer à travers ses journées.» 

Une expérience libératrice

Hélène Bourgeois-Leclerc affirme qu’elle n’aurait jamais pu incarner Isabelle Roy avec autant d’abandon si elle n’avait pas incarné, pendant 50 épisodes et un long métrage, Dolorès, l’aînée dévergondée des Bougon. Elle qualifie la série écrite par François Avard et Jean-François Mercier d’expérience «hautement libératrice». 

«À la télé, en général, on est toujours à notre avantage. On est toujours un peu cute. Dans Les Bougon, c’était tout le contraire. C’était tellement libérateur de sentir que comme actrice, je pouvais jouer une femme forte, drôle et touchante, tout en étant tout croche, le makeup défait, les cheveux n’importe comment, les costumes beaucoup trop petits qui montrent mes bourrelets... Les Bougon m’a appris à donner toute la place au personnage. Je n’avais pas à rentrer mon ventre pour bien paraître. Mon mandat, c’était de jouer Dolorès Bougon et rien d’autre.» 

«Sur District, c’est un peu la même chose, poursuit-elle. Mon mandat, ce n’est pas d’être la belle de service. De toute façon, on ne m’a jamais engagée pour ça. Ma mission, c’est de jouer une femme qui braille de temps en temps, qui renifle, qui peut être tout croche, qui n’est pas du tout dans un rapport de séduction... Je suis vraiment chanceuse.» 

Du nouveau en 2019

En plus de District 31, les téléspectateurs verront le nom d’Hélène Bourgeois-Leclerc au générique de deux émissions de télévision cet hiver: La fureur spéciale 20 ans le samedi 5 janvier à Radio-Canada (elle fera partie de l’équipe des vétérans du côté des filles) et Projection privée, un nouveau magazine qu’elle pilotera à Canal Vie à compter du mois de mars. Six des 13 épisodes commandés ont été enregistrés en octobre. 

►ICI Radio-Canada Télé présente District 31 du lundi au jeudi à 19 h.