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Les arbres font épargner des millions de dollars à Montréal

Des chercheurs ont calculé leur impact financier grâce à la réduction de pollution

Le chercheur Jérôme Dupras est l’un des coauteurs d’une étude qui estime que les quelque 400 000 arbres publics de Montréal font économiser plus de 4 millions $ à la Ville, puisqu’ils retiennent les eaux de ruissellement et combattent la chaleur.
Photo Ben Pelosse Le chercheur Jérôme Dupras est l’un des coauteurs d’une étude qui estime que les quelque 400 000 arbres publics de Montréal font économiser plus de 4 millions $ à la Ville, puisqu’ils retiennent les eaux de ruissellement et combattent la chaleur.

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Les quelque 400 000 arbres publics sur le territoire de Montréal font économiser 4 M$ chaque année à la Ville en la protégeant contre des inondations et en réduisant la pollution, selon une étude.

« On ne le réalise pas. On apprécie les arbres pour leur valeur esthétique ou récréative, mais de voir qu’ils participent aussi aux services publics d’une ville, ce n’est pas sur le radar », soutient le chercheur Jérôme Dupras, professeur à l’Université du Québec en Outaouais.

Il est le coauteur d’une étude présentée cet automne au Sommet sur les infrastructures naturelles et les phytotechnologies, calculant la valeur économique des arbres en milieu urbain avec un logiciel public américain appelé i-Tree.

À Montréal, les chercheurs ont conclu que les 413 297 arbres urbains publics rapportent un peu plus de 4,3 millions $ par an.

En se basant sur les services que rendent les arbres, comme l’évitement des eaux de ruissellement ou encore l’amélioration de la qualité de l’air, ses collègues ont voulu démontrer les coûts que les végétaux font épargner aux municipalités.

Inondations et canicule

« [Les villes] vont regarder combien ça coûte de planter un arbre, l’entretenir, mais pas les bénéfices qui en découlent [...] C’est toujours vu comme une contrainte de coûts », dit M. Dupras, aussi bassiste du groupe Les Cowboys fringants.

Pourtant, les récents épisodes de météo extrême qu’a connus le Québec avec les inondations en 2017 et la canicule record vécue l’été dernier montrent le rôle essentiel que jouent les arbres, selon lui.

Par exemple, les arbres permettent d’éviter le ruissellement d’environ 344 200 m3 d’eau par année. Ils empêchent cette énorme quantité d’eau d’inonder les égouts et de finir dans les stations d’épuration, un gain estimé de 141 124 $ par année, d’après l’étude.

Les arbres sont aussi des climatiseurs naturels. L’étude estime qu’ils libèrent l’équivalent de 1715 piscines olympiques en gouttes d’eau dans l’atmosphère par évapotranspiration.

Cinq climatiseurs

Un seul arbre mature peut libérer jusqu’à 450 litres d’eau par jour, ce qui équivaut à cinq climatiseurs fonctionnant 20 heures par jour.

Un rafraîchissement sans dépense d’énergie et sans bruit, fait valoir M. Dupras.

Les arbres captent le carbone et améliorent ainsi la qualité de l’air, le tout d’une valeur de plusieurs millions de dollars.

« C’est une étape intermédiaire. On en a fait la démonstration scientifique, maintenant il faut l’intégrer [dans la gestion comptable] », plaide-t-il.

Selon l’étude, il ne fait aucun doute que les arbres, qualifiés « d’infrastructures naturelles », font partie des solutions que doivent adopter les villes pour affronter les changements climatiques.