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Affaire Rozon: Le DPCP avise les plaignantes des résultats de l’enquête

Affaire Rozon: Le DPCP avise les plaignantes des résultats de l’enquête
Chantal Poirier / JdeM

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Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a terminé son enquête sur Gilbert Rozon et continue d’aviser des plaignantes qu’aucune accusation ne pourra être déposées concernant leurs dénonciations.

Tour à tour, les femmes qui ont porté plainte contre l’ancien patron de Juste pour rire sont rencontrées au palais de justice de Montréal. Pour le moment, plusieurs ont appris qu’aucune accusation ne sera déposée contre Rozon.

Dans la foulée du mouvement #MoiAussi à l’automne 2017, plusieurs femmes étaient sorties de l’ombre afin de dénoncer le magnat de l’humour âgé de 64 ans. Certaines l’ont accusé d’inconduites sexuelles, d’autres de viol. Les allégations couvrent une longue période allant des années 80 jusqu’en 2016.

Au moins trois femmes ont été rencontrées hier. D’ici la fin de la journée, toutes les plaignantes devraient avoir été rencontrées. On ignore à ce stade-ci si des accusations seront retenues.

Gilbert Rozon, de son côté, s’est toujours défendu en affirmant n’avoir jamais commis de faute.

« Je n’ai jamais fait l’amour à quelqu’un, à une personne qui m’a dit non », a-t-il déjà dit lors d’un passage à la cour dans un litige civil au début de l’année.

Hors de tout doute

Mais dans les cas où le DPCP a choisi de ne pas accuser Rozon, cela ne signifie pas que les versions des plaignantes sont fausses, rappelle la juge retraitée Nicole Gibeault.

« Au criminel, [la Couronne] doit être capable de faire la preuve hors de tout doute raisonnable qu’un crime a été commis, rappelle-t-elle. Le DPCP doit avoir la conviction morale de pouvoir mener à terme son dossier. »

Ainsi, explique Mme Guibault, plusieurs facteurs doivent être considérés par la Couronne. Si elle estime qu’un doute sera soulevé, alors elle peut être réticente à porter des accusations, surtout si c’est pour se faire dire à la fin du processus qu’il n’y avait pas de preuve suffisante dans son dossier.

« Il est important de souligner le courage qu’ont eu les plaignantes de dénoncer, on sait qu’elles avaient des craintes », a ajouté la juge retraitée.

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Action collective

Mais peu importe le résultat de l’enquête criminelle, l’action collective visant Gilbert Rozon continuera. Dans ce dossier, plus d’une vingtaine de femmes lui réclament plus de 10 millions $ contre le magnat de l’humour.

Ces femmes, qui se sont réunies sous le nom « Les Courageuses », l’accusent d’agressions sexuelles commises entre 1982 et 2016.

« Nous conservons la même position que [ces femmes] ont été victimes de Gilbert Rozon », a expliqué l’avocat Robert Kugler, qui représente les Courageuses.

Il explique d’ailleurs que les règles sont différentes au criminel et au civil. Si le fardeau de la Couronne est extrêmement élevé au criminel, il l’est beaucoup moins au civil où un juge doit décider en fonction de la « balance des probabilités ».

« Une autre différence majeure est qu’au criminel, on ne peut pas forcer un accusé à témoigner alors qu’on peut exiger son témoignage au civil », ajoute l’avocat.

Dans ce volet de l’affaire, un juge de la Cour supérieure du Québec a autorisé le regroupement de femmes d’aller de l’avant avec l’action collective. Rozon, qui s’y oppose, a porté l’affaire en appel.

Une date d’audience doit avoir lieu d’ici les prochains mois.