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Juste pour rire : le spectre de Rozon plane toujours

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Un an plus tard, le fantôme de Gilbert Rozon continue de hanter Juste pour rire, qui dévoilait mardi les animateurs des Soirées Carte Blanche de son 37e festival, pendant qu’au même moment, le DPCP rencontrait plusieurs présumées victimes de l’ex-magnat de l’humour pour leur annoncer, dans certains cas, que leurs plaintes ne feraient pas l'objet de poursuites.

La coïncidence aux allures de mauvaise blague n’a toutefois pas plombé l’ambiance de la conférence de presse. La bonne humeur était au rendez-vous, même si tous les humoristes présents ont tous vivement manifesté leur désaccord avec les décisions alors connues du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Tout en disant espérer qu’on va «éventuellement séparer Gilbert Rozon de Juste pour rire», Laurent Paquin a avoué, dans les circonstances, comprendre les femmes qui hésitent à porter plainte dans les cas d’agressions sexuelles.

«C’est tellement dur à prouver, a-t-il argué. Elles se retrouvent devant un rejet de leur cause, et c’est comme si elles avaient menti. On leur dit qu’on ne les croit pas. Elles doivent trouver ça épouvantable. C’est "rough"!»

«Je pense que justice se fait quand même un peu, malgré tout, a ajouté Paquin. Les faits montrent qu’il y a des conséquences à nos gestes. Mais des accusations, un procès, ça clarifie tout...»

Solidaires des victimes

Adib Alkhalidey affirme connaître «de loin» la souffrance associée aux agressions de toutes natures, car dans sa jeunesse, des personnes de son entourage y ont été exposées.

«J’ai vécu la scène de voir des policiers dire à des parents qu’ils ne pouvaient rien faire, et c’est vraiment l’horreur. C’est dur», a-t-il commenté.

«Ça n’a pas de maudit bon sens, a pour sa part déploré Katherine Levac. Je suis contente de la cassure d’avec Rozon qui a été établie par Juste pour rire, contente de ce renouveau...»

«Moi, je ne connais pas cet homme-là et ce que j’en ai entendu ne me donne vraiment pas le goût de le rencontrer, a lancé sans détour Jay du Temple, au sujet de Rozon. Je n’ai rien à dire sur lui. Je pense juste aux victimes, j’espère qu’elles ne sont pas trop chagrinées de ça, et j’espère qu’elles ne pensent pas que qui que ce soit doute de la véracité de ce qu’elles ont dit!»

Quant à Patrick Rozon, vice-président aux contenus francophones de Juste pour rire et petit-cousin de Gilbert Rozon – dont il dit ne pas être très proche –, il a refusé net, mardi, de concéder que l’«annus horribilis» de Juste pour rire n’est peut-être pas encore terminée.

«Je n’étais pas très proche de lui, a-t-il spécifié. Moi, je suis en train de me concentrer sur l’entreprise. Je vais laisser la justice faire son travail.»

Les galas changent d’appellation

Ne parlons plus de «galas» Juste pour rire, mais bien de Soirées Carte Blanche.

Toujours tenus à la Salle Wilfrid-Pelletier, mais désormais une seule fois par soir, à 20 h, les rassemblements intérieurs du festival seront animés par Katherine Levac (16 juillet), Philippe Laprise (17 juillet), Anne-Élisabeth Bossé (18 juillet), Adib Alkhalidey et Julien Lacroix (19 juillet) et Jay du Temple (20 juillet), sous le signe d’une entière liberté, et n’obéiront plus à un thème prédéfini comme dans le passé.

Quant à Laurent Paquin, le «vétéran» qui a déjà été l’hôte de 15 galas, il hérite d’un nouveau concept, «Le cabaret à Laurent», une formule qui lui a été inspirée par le Bordel Comédie Club, dont il est l’un des copropriétaires.

«Mon but est de créer quelque chose de différent, de créer ma propre marque de commerce à l’intérieur du festival, autour de moi et de mes idées», a expliqué Paquin, qui rêve d’une scène mobile entourée de spectateurs et d’une ambiance jazzée.

Philippe Laprise promet un événement «éclaté et complètement débile», qui pourrait s’étirer en heures comme les prestations de son idole Jean-Marc Parent, et dans lequel il aimerait effectuer un duo avec sa chanteuse préférée, dont il tait le nom pour l’instant.

Katherine Levac aspire à faire découvrir des talents, à donner une tribune aux gens qui ont eu un impact dans sa carrière. Le duo Akhalidey-Lacroix entend bien exécuter des idées complexes qu’il ne peut généralement oser dans un spectacle solo ou à l’écran.

«On veut mettre nos amis en danger», ont précisé les deux gaillards.

Jay du Temple, lui, en sera à sa première incursion au Festival Juste pour rire.

«Je m’étais mis dans la tête que, la première fois que j’allais participer à Juste pour rire, ça serait comme animateur. Ça tombe au bon moment», a mentionné l’animateur d’«Occupation double», qui compte présenter au public des artistes qu’il trouve lui-même hilarants.

Cet engagement annule toutefois la présence de du Temple au Grand Montréal Comédie Fest, où il avait piloté un happening de fin de soirée, l’année dernière.

«Ça fait partie de la stratégie d’actualisation de Juste pour rire, a noté Patrick Rozon à propos du nouveau titre "Soirée Carte Blanche". "Gala" n’était plus le mot qu’on voulait utiliser, parce que ça insinue trop d’éléments. Tout le monde appelle ça des "galas". C’est une façon de nous différencier, qui sied bien à ce qu’on veut proposer.»

Le 37e Festival Juste pour rire aura lieu du 10 au 28 juillet 2019.