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Affaire Rozon: le système fonctionne, assure la ministre LeBel

Affaire Rozon: le système fonctionne, assure la ministre LeBel
Photo Simon Clark

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Même si le témoignage d’une seule des quatorze victimes potentielles a finalement mené à des accusations dans l’affaire Rozon, la ministre de la Justice a tenu mercredi à rassurer les femmes qui souhaitent dénoncer une agression sexuelle.

«Il ne faut pas que la confiance du public soit ébranlée, a affirmé Sonia LeBel mercredi matin, à l’entrée du conseil des ministres. [...] Le public doit comprendre que chaque jour, dans le palais de justice, il y a de nombreuses accusations qui sont portées et qui ont du succès.»

«Le système fonctionne», assure-t-elle. Mais les causes où aucune accusation n’est portée ont peut-être «une publicité plus grande», souligne la ministre LeBel.

Mercredi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé avoir retenu le témoignage d’une seule des quatorze victimes potentielles qui ont porté plainte contre le fondateur du groupe Juste pour rire, Gilbert Rozon. Il devra faire face à la justice criminelle pour répondre à un attentat à la pudeur et un viol qu’il aurait commis à Saint-Sauveur en 1979.

L’importance de dénoncer

Elle-même ex-procureure de la Couronne, Sonia LeBel souligne qu’il s’agit de «décisions difficiles». «Il ne faut pas penser que c’est pris à la légère, dit-elle. Le DPCP est bien outillé, il fait son travail. Mais il faut comprendre que le DPCP a un aspect très précis de la situation à examiner, c’est-à-dire sa capacité à déposer des accusations criminelles qui ont des chances d’avoir du succès, d’aboutir, si vous voulez, dans un verdict positif.»

Sonia LeBel a également voulu s’adresser à celles dont la plainte contre Gilbert Rozon n’a pas été retenue. «Ce que je veux dire à ces dames-là, c’est que ce n’est pas un jugement de valeur sur leur histoire, ce n’est pas un jugement de valeur sur cette affaire-là, sur le fait qu’elles avaient raison ou non de dénoncer», a-t-elle déclaré.

«C’est important de dénoncer, a-t-elle martelé. On l’a vu dans la vague du mouvement #MoiAussi, ça permet de nous réveiller, de faire prendre conscience collectivement à la société. La pire chose, c’est le silence. Donc, moi, j’encourage malgré tout à dénoncer.»

Comité de travail ?

Lors d’un point de presse mercredi, la porte-parole du Parti québécois en matière de justice a interpellé la ministre LeBel afin qu’elle mette sur pied un comité non partisan formé d’experts et d’élus qui étudieraient les «réponses du système de justice aux cas de plaintes d'agressions sexuelles». De plus, le PQ a réitéré sa proposition de créer un tribunal spécialisé pour traiter dossiers d’agressions sexuelles.

«Comme législateur puis comme représentante de la population, j'ai la responsabilité de dire qu'il y a visiblement quelque chose qui ne fonctionne pas», a souligné Mme Hivon.

  • ÉCOUTEZ la juge à la retraite Nicole Gibeault commenter le dossier: