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Alaskan Thunder Fuck ou Girl Scout Cookies : qui choisit les noms de variétés de cannabis?

Parmi les noms de variétés de cannabis, il y a les classiques: Kush, White Widow, Pineapple Express, Purple Haze. Mais avec l’arrivée des producteurs autorisés dans le cannabis thérapeutique, on a vu plein de nouveaux noms qui font un peu «nouvel-âge-nature-bien-être, ma-maison-s’appelle-Gaïa» comme Lighthouse, High Tide, Zen’s Garden, Harmoniser.
AFP Parmi les noms de variétés de cannabis, il y a les classiques: Kush, White Widow, Pineapple Express, Purple Haze. Mais avec l’arrivée des producteurs autorisés dans le cannabis thérapeutique, on a vu plein de nouveaux noms qui font un peu «nouvel-âge-nature-bien-être, ma-maison-s’appelle-Gaïa» comme Lighthouse, High Tide, Zen’s Garden, Harmoniser.

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Zest Qwest, OG Kush, New York Diesel, Jean-Guy, Mango, Chocolope, Nothern Lights, Maui Wowie, Pandora, Alien Dawg : les noms de variétés de cannabis ont quelque chose de poétique, intrigant et savoureux.

Et si j’avais à me trouver un nom de Drag Queen pour auditionner à Rupaul’s Drag Race, je choisirais le nom d'une strain assez populaire. «Hello hello hello, Miss Girl Scout Cookies!»

Point bonus aussi aux inventeurs du Alaskan Thunder Fuck et du Granddaddy purple. J'ai moi aussi quelques suggestions de mon cru en fin de texte.

L’histoire des variétés est sinon toujours intéressante. Si vous n’avez pas encore lu l’excellent texte de Simon Coutu de Vice sur celle du Jean-Guy, je vous invite à mettre votre vie sur le hold pour le faire.

Parlant de noms, un «lecteur» nostalgique des années 90 me demande si la variété Tangerine Dream s’inspire de la danseuse exotique ou du groupe rock instrumental allemand des années 60. Bonne question Hugo Meun...ami lecteur! Je te fais signe dès que je trouve la réponse.

Parmi tous les noms, il y a bien sûr les classiques: Kush, White Widow, Pineapple Express, Purple Haze. Mais avec l’arrivée des producteurs autorisés dans le cannabis thérapeutique, on a vu plein de nouveaux noms qui font un peu «nouvel-âge-nature-bien-être, ma-maison-s’appelle-Gaïa» comme Lighthouse, High Tide, Zen’s Garden, Harmoniser.

Je ne peux m’empêcher de me demander : mais qui choisit ces noms?

L’influence du marché noir
Les noms de variétés sont d’abord déterminés par les producteurs de semences puis les producteurs autorisés les renomment en s’inspirant notamment de ce qui existe sur le marché noir, m'explique explique le maitre cultivateur José Dominguez.

On trouve beaucoup de noms en Kush pour les espèces Indica qui poussaient à l’origine sur la chaine de montagnes Hindou Kush en Asie centrale (Afghanistan, Pakistan).     

«Mais comme plusieurs producteurs ont les mêmes variétés parce que le processus d'approvisionnement légal des semences et des génétiques est complexe pour les producteurs autorisés ...tout le monde aurait du Headband ou du Pink Kush», ajoute José Dominguez.

Ils ont donc rebaptisé les sortes selon leur goût ou leur branding. «Le Jack Herer d’OrganiGram qui est le même que celui de WeedMd s’appelle Wabanaki, illustre-t-il. C’est une industrie de marketing.»

Est-ce à dire qu’on fume le même pot d’un producteur à l’autre? Pas tout à fait, car il y a beaucoup de variabilité dans les génétiques, sans parler du savoir-faire du cultivateur qui peut avoir un gros impact sur le produit final.

José Dominguez a déjà fait fumer du Jean-Guy à de grands consommateurs qui cultivaient eux aussi cette même sorte et ils ont cru qu'ils découvraient un tout nouveau weed.

Parfois les noms décrivent les caractéristiques de la plante : California Orange, Blueberry, poursuit-il.

Certains noms honorent des pionniers comme le Raphael (ou Rafael) en l’honneur du médecin israélien Raphael Mechoulam qui a fait d’importantes recherches sur les cannabinoïdes. Le Jack Herer est en fait le nom d'un activiste américain qui a milité pour la légalisation du chanvre.

(San Rafael '71, qui n'est pas une variété mais la marque de cannabis récréative du founirsseur de la SQDC MedReleaf, fait plutôt référence au nom de l’école secondaire où les premiers rassemblements 4/20 ont eu lieu).

Parmi les noms de variétés de cannabis, il y a les classiques: Kush, White Widow, Pineapple Express, Purple Haze. Mais avec l’arrivée des producteurs autorisés dans le cannabis thérapeutique, on a vu plein de nouveaux noms qui font un peu «nouvel-âge-nature-bien-être, ma-maison-s’appelle-Gaïa» comme Lighthouse, High Tide, Zen’s Garden, Harmoniser.
Photo AFP

 

Terre, mer et ciel chez HEXO
Chez HEXO, producteur québécois et fournisseur de la SQDC, un comité interne baptise les plantes. L’entreprise compte 11 variétés de fleurs séchées (14 dans le médical) qui sont réparties en trois catégories.

L’objectif des noms est d’informer et de guider les clients selon l’expérience qu’ils recherchent, explique Adam Miron, cofondateur de HEXO et chef de la gestion de la marque.

Il y a ceux dans la catégorie «Terre» qui évoque l’idée d’être terre-à-terre. Les variétés Terra ou Sierra sont dans cette catégorie. Ce sont surtout des variétés élevées en CBD. Traduction : un buzz plus équilibré, voire pas de buzz cérébral pour les sortes avec très peu de THC (la substance psychoactive).

La catégorie Ciel évoque l’aspect cérébral. Il y a par exemple les variétés Hélios, Azul ou Nébuleuse. «Ce sont des produits qui ont des taux de THC plus élevés», explique M. Miron. Helios est à 18%, Nebuleuse à 16% et Azul à 19%. On parle ici de buzz plutôt stimulant.

La catégorie mer évoque plutôt la détente avec des noms comme Lagune, Tsunami, Bayou ou Atlantis. Certaines variétés ont des taux de THC élevés, mais l’effet est plus relaxant. Par exemple, Bayou est en fait un purple OG kush et Tsunami, un Northern Light qui sont des indica. 

Parmi les noms de variétés de cannabis, il y a les classiques: Kush, White Widow, Pineapple Express, Purple Haze. Mais avec l’arrivée des producteurs autorisés dans le cannabis thérapeutique, on a vu plein de nouveaux noms qui font un peu «nouvel-âge-nature-bien-être, ma-maison-s’appelle-Gaïa» comme Lighthouse, High Tide, Zen’s Garden, Harmoniser.
Martin Chevalier / JdeM

 

Indica ou sativa?
Les consommateurs aiment classer les variétés «indica/sativa». On parle souvent d’indica pour un buzz plutôt relaxant ou de sativa pour des effets plutôts stimulants.

Mais plusieurs producteurs tentent de s’éloigner de cette nomenclature. D’abord parce que sativa ou indica réfèrent d’abord à l’espèce et non à l’effet. Et en 2018, la plupart des génétiques sont en fait des hydrides.

Si on trouve beaucoup d’indica qui ont un effet plutôt relaxant, ce n’est pas une règle absolue. Alors pendant que les producteurs essaient de mieux éduquer leurs clients, la SQDC, elle forme ses employés à ne penser qu’à travers ces catégories.

Sans oublier les terpènes
De plus en plus, l’industrie et les consommateurs s’intéressent maintenant aux terpènes.

Ce sont les huiles essentielles du cannabis qui donnent les arômes et les odeurs et qui procurent la couleur au buzz.

«Les variétés avec des odeurs de musc ou de girofle délivrent ainsi des effets plus sédatifs et relaxants, à cause de leurs hauts niveaux de myrcène. Les variétés sentant davantage le pin agissent plutôt sur le mental et la mémoire (terpène pinene).  Et les arômes de citron favorisent la bonne humeur (limonène)», explique cet article de Newsweed.

Avouez que ça rappelle le jargon des sommeliers. Et ce n’est que le début. La légalisation permet d’avoir accès à tellement d’informations...on est loin du pusher qui débarquait à la maison en disant : j’ai du AA ou du AAA.

Mes suggestions

Et maintenant, que tout ça a été dit, je n’ai plus qu’une seule question. À qui dois-je écrire pour envoyer mes suggestions de nom de cannabis?

J’ai le FrançoisLegault, un kush qui buzz peu et endort. Le JustinTrudeau, un sativa qui fait parler beaucoup pour rien. Le DougFord : un hybride tellement fort en THC que t’as l’impression que les gens parlent une langue que tu comprends pas et ça te rend parano et anxieux.

De rien.