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Navigation

Cap sur les courses aventures

Dans une course aventure, les participants sont amenés à relever en équipe le défi de s’orienter à travers un environnement naturel pour progresser le plus rapidement possible à pied, à vélo ou sur l’eau jusqu’au prochain point de contrôle.
Photo courtoisie, Bend Racing Dans une course aventure, les participants sont amenés à relever en équipe le défi de s’orienter à travers un environnement naturel pour progresser le plus rapidement possible à pied, à vélo ou sur l’eau jusqu’au prochain point de contrôle.

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Alexandre Provost revient tout juste de Patagonie, où son équipe a remporté la mythique Patagonia Expedition Race, la course aventure réputée pour être la plus « sauvage » au monde. En dix jours tout au plus, 650 kilomètres à tracer, puis à parcourir à pied, à vélo ou sur l’eau. Alexandre Provost nous fait découvrir cet univers que peu ont eu la chance d’explorer.

« “On fait partie des chanceux qui vivent ça, ici” que j’ai rappelé à ma coéquipière, alors qu’on progressait sur une crête en pleine nuit où le vent était tel qu’on devait s’accrocher à deux pour marcher », raconte Alexandre Provost, 42 ans.

La veille, le quatuor avait aussi avancé dans la neige toute la nuit entre deux cols, alors que le vent balayait le paysage à un tel point qu’il était impossible de discerner quoi que ce soit. Le blanc tout autour dans la noirceur opaque de la nuit.

Comme responsable principal en navigation, Alexandre Provost devait s’assurer que l’équipe avançait dans la bonne direction vers la prochaine transition. Personne n’avait dormi dans les 36 dernières heures.

« Ce que j’aime des courses aventures, c’est qu’on vit des choses d’une rare intensité en équipe dans un environnement naturel incroyable dont peu de gens ont été témoins », résume Alexandre Provost

Défi de navigation intense

Une ligne de départ, puis une ligne d’arrivée, et les participants doivent se déplacer entre les deux par tous les moyens, notamment en trekking, en escalade, en vélo de montagne, en nage, en canot, etc. Il n’y a pas de parcours : à chacun de tracer son itinéraire en se basant sur ses habiletés de navigation avec les cartes qui sont à sa disposition. Des points de contrôle et des zones de transition ponctuent la progression, qui peut compter des vingtaines ou s’étendre sur des centaines et des centaines de kilomètres.

« Dans la Patagonia Expedition Race, il n’y avait qu’un seul point de contrôle. On a conséquemment croisé une seule équipe, des Japonais, au début de la première soirée... puis, pas une âme pendant six jours. Le défi de navigation était intense, d’autant plus qu’on n’avait pas accès à des cartes de grande qualité », dit Alexandre, originaire de Sainte-Agathe-des-Monts.

« Mais l’encadrement et la réglementation des courses aventures varient beaucoup », rassure l’athlète.

Idem pour leur durée. De formats d’initiation de quatre à huit heures, les courses aventures peuvent s’étaler sur deux, trois, cinq voire dix jours.

« Le gros step se vit dans les courses de 24 heures où tu passes ta première nuit dehors, sans dormir », explique Alexandre Provost

Autonomie en équipe

« Ce n’est pas tant la forme individuelle de chaque membre de l’équipe qui fait la différence, mais leur expérience et une exécution coordonnée des efforts », dit l’athlète.

Il ne faut pas être quatre à s’obstiner autour d’une carte, par exemple, et il ne faut pas avoir envie de s’arracher la tête après trois jours d’efforts. « La fatigue causée par des journées de 100 km dans les jambes et les courtes nuits, ça peut faire en sorte qu’on soit plus edgy », raconte Alexandre Provost.

« Sur le terrain, tout ce qui n’est pas constructif, on doit le mettre de côté. Ça ne sert à rien d’essayer de savoir qui a oublié le sac de couchage : maintenant, on fait quoi ? » précise l’athlète. « Toujours le mode solution : on avance ».

L’individualisme n’a pas sa place en course aventure. On ne peut compter que sur ses habiletés et sur celles des trois autres membres d’équipe. Et ce soutien est précieux quand les hallucinations se mettent de la partie après quelques jours sans vraies nuits...

« Il n’est pas question que chacun porte ses affaires ; on répartit le poids du bagage de l’équipe en fonction de l’énergie de chacun. L’important, c’est qu’on avance le mieux possible, ensemble », donne en exemple Alexandre Provost.

Plus qu’une course

« Nous ». Alexandre Provost raconte son aventure et sa victoire en ne se l’attribuant pas. Il la doit à son équipe et à ses coéquipiers, deux Américains et un Danois. Vivre un réel défi collaboratif résonne très fort dans le quotidien d’Alexandre, qui en a gagné des apprentissages en communications et en gestion d’équipes qui l’aident au quotidien.

Et, tout aussi pertinente, cette vision, toujours vers l’avant, sans rebrasser les erreurs passées.

« Ce que j’aime des courses aventures, c’est qu’il n’en vient qu’à nous de tracer notre chemin », ajoute Alexandre Provost.

Aussi.

Et tout ça, dans un environnement naturel incroyable, à dépasser ses limites physiques (et psychologiques) par la pratique de sports variés.

S’initier aux courses aventures

On ne se lance pas dans une première course aventure de centaines de kilomètres à l’aveugle. L’expérience se gagne, les jalons se méritent. Le format idéal pour une première ? Une demi-journée ou une journée, selon le niveau de forme.

Raid Pulse en Outaouais propose des formats de 3 h et 8 h : www.raid-pulse.com/

Pour les sportifs plus chevronnés, le rendez-vous québécois de courses aventures est sans contredit le Raid international de Gaspésie, une course par étapes de 150 km ou 300 km sur quatre jours. Le kilométrage quotidien est digeste, le campement le soir est social, et la Gaspésie, magnifique.

Renseignement : www.raidinternationalgaspesie.com