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Adonis Stevenson : «c’était un accident» - Mauricio Sulaiman

Mauricio Sulaiman
Photo Pierre-Paul Poulin Mauricio Sulaiman

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Fraîchement débarqué de l’avion le menant à Montréal, mercredi après-midi, le grand patron du World Boxing Council (WBC), Mauricio Sulaiman, a enfilé les gants pour défendre son sport : selon lui, le drame qui frappe le boxeur Adonis Stevenson est purement accidentel.

Ayant prévu visiter à l’Hôpital Enfant-Jésus de Québec l’ancien champion mondial des poids mi-lourds qui se trouve toujours dans le coma, le dirigeant croit que tout a été fait dans les règles de l’art avant, pendant et après le combat opposant Stevenson à Oleksandr Gvozdyk, le 1er décembre, au Centre Vidéotron.

«C’était un accident. Tout cela est dommage, car on a travaillé fort pour rendre la boxe plus sécuritaire pour les pugilistes au cours des dernières années, notamment en modifiant des règlements. Oui, il y a toujours des aspects à améliorer, mais je vous rappelle qu’en termes de décès par discipline sportive, la boxe vient au 14e rang. De nombreux sports sont plus dangereux que la boxe», a mentionné celui qui prévoit retourner dans ses quartiers de Mexico jeudi soir.

«Pourtant, tout s’était bien déroulé. Les pesées de 30 et de sept jours avaient été faciles pour lui, les examens d’imagerie par résonance magnétique ne montraient rien d’anormal et il n’était pas dans le trouble avant de subir le K.-O. C’est difficile de comprendre et d’accepter ce qui est arrivé par la suite», a ajouté Sulaiman.

Ce dernier croit également que l’arbitre montréalais Michael Griffin n’est pas à blâmer, même si certains s’interrogent à savoir si le duel Stevenson-Gvozdyk aurait pu être stoppé quelques secondes plus tôt.

«Il est un excellent officiel et il n’a pas du tout à se sentir responsable. Ça s’est passé dans les règles [...] et ce n’était pas un combat avec plusieurs coups d’impact», a indiqué Sulaiman, qui a tenté vainement de contacter Griffin par téléphone.

L’âge n’est pas un problème

À 41 ans, Stevenson est l’un des plus vieux boxeurs professionnels. Son âge a-t-il pesé lourd dans la balance de ses ennuis? Non, selon Sulaiman.

«Il n’a pas été très actif durant les dernières années et ce n’est donc pas une question de total de coups encaissés ici. De notre côté, on possède des études et elles n’indiquent pas que l’âge peut être problématique. Auparavant, on a vu des gars comme Bernard Hopkins, à plus de 50 ans, et George Foreman boxer à un âge avancé, a-t-il dit. Et précisons que les lois sont très strictes : on ne peut pas faire preuve de discrimination et exclure un athlète à cause de son âge.»

Que faut-il faire maintenant?

«On doit effectuer davantage de suivi et de surveillance quant au poids des boxeurs, particulièrement durant les entraînements, a spécifié Sulaiman. Pour le cas d’Adonis, il y aura des recherches à réaliser, un questionnaire auprès de ses proches entre autres, pour nous permettre de recueillir plus d’informations sur ce qui s’est passé.»

Très pénible

Dans la Vieille Capitale, le président du WBC devrait rencontrer la famille de Stevenson, incluant la mère de celui-ci, et le promoteur Yvon Michel. La discussion constituera plus l’occasion de souhaiter le meilleur pour Stevenson et non d’aborder de futurs combats.

«Adonis est très spécial pour nous et apprendre qu’il se bat pour sa vie a été très pénible pour moi. C’est un ami personnel et un grand champion, il a d’ailleurs assisté aux funérailles de mon père [Jose, qui a été à la tête du WBC avant son fils] et il était présent à mon party d’anniversaire à Cancun en 2015», a émis le dirigeant.