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Huit décennies de souvenirs partis en fumée

Une famille de Saint-Marc-sur-Richelieu tient à ce que l’érablière de ses ancêtres renaisse de ses cendres

Feu érablière Jeannotte
Photo Jonathan Tremblay Dans l’ordre, Audrey Monahan, André Monahan, France Jeannotte, Sabrina Monahan et Charles Monahan, devant les ruines de l’Érablière Maurice Jeannotte.

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Malgré le chagrin qui l’accable, la famille Jeannotte, propriétaire de l’érablière rasée par les flammes mardi matin, songe déjà à rebâtir le joyau familial, qui anime Saint-Marc-sur-Richelieu depuis quatre générations.

« J’ai l’impression qu’un membre de ma famille vient de décéder, dit Charles Monahan, petit-fils du fondateur de l’entreprise familiale, Maurice Jeannotte. C’est le seul lien qui me rattachait à mon grand-père, que je n’ai pas connu. »

Perte totale

France Jeannotte, propriétaire actuelle de l’érablière, a refusé de croire les autorités qui l’ont contactée, vers 7 h 15, mardi. Ils lui ont annoncé que sa deuxième maison, située sur le chemin de la Savane, à Saint-Marc-sur-Richelieu, n’était plus qu’un brasier.

« J’étais dans le déni total. Je leur disais qu’ils devaient s’être trompés, raconte-t-elle. Quand j’ai pu constater [les dégâts] sur place, j’ai pleuré comme un bébé. C’est ma vie, tous mes souvenirs. Encore là, je n’y crois pas. »

Une fois arrivés sur les lieux, les pompiers n’auraient rien pu faire pour limiter les dégâts. Selon elle, les flammes avaient déjà ravagé les trois quarts de la bâtisse de 7000 pieds carrés.

Les pertes sont évaluées à plus d’un million de dollars, estime-t-on.

Le bâtiment il y a quelques années.
Photo courtoisie, site web de l’érablière
Le bâtiment il y a quelques années.

 

Une affaire de famille

D’abord une cabane familiale dans les années 1930, le projet a pris une ampleur commerciale en 1975.

« Quand tu as grandi à Saint-Marc-sur-Richelieu, c’est presque certain que tu as travaillé ou pris part à des soirées à l’érablière », dit Audrey Monahan, 24 ans, qui y a d’ailleurs rencontré son conjoint.

Outre les quatre enfants de Mme Jeannotte, une cinquantaine de connaissances et de membres de la famille mettaient la main à la pâte lors de la période des sucres.

Pour les futurs héritiers du commerce, la seule solution envisageable est de repartir à neuf. Plusieurs centaines de milliers de dollars venaient tout juste d’être investis dans la machinerie.

« Si ce n’était pas de mes enfants, je ne rebâtirais pas. Mais pour eux, on va le faire », affirme France Jeannotte.

La famille surfera sur la vague d’amour qu’elle reçoit de sa communauté sur les réseaux sociaux jusqu’à ce que la situation se rétablisse.

Plus d’une centaine de messages ont été partagés.

« On n’en revient pas des gens qui nous écrivent et des commerces qui acceptent de recevoir nos clients, à nos tarifs. Tout le monde est compréhensif », ajoute France Jeannotte.

La cause de l’incendie demeure toujours inconnue.