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Plaintes rejetées contre Gilbert Rozon: «On se sent impuissantes», déplore une victime présumée

Plaintes rejetées contre Gilbert Rozon: «On se sent impuissantes», déplore une victime présumée
Photo d’archives

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Patricia Tulasne, qui accusait Gilbert Rozon de l’avoir agressée sexuellement en 1994, a dit se sentir impuissante face au système de justice.

«On se sent impuissantes. On nous dit “dénoncez, dénoncez” et “bravo, c’est formidable de dénoncer”. Et on se retrouve face à un procureur qui nous dit qu’il ne peut rien faire. Donc, à quoi ça sert ?», s’est-elle questionnée en direct sur QUB radio.

Depuis le début de la semaine, des femmes, dont Mme Tulasne, ont été informées par le DPCP qu’aucune accusation ne serait déposée contre le fondateur de Juste pour rire. Dans le cas d'une victime présumée, la Couronne a toutefois estimé mercredi que la preuve était suffisamment solide pour déposer des accusations criminelles contre Rozon.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue complète de Patricia Tulasne à Dutrizac de 6 à 9:

 

Au micro de Benoit Dutrizac mercredi, Mme Tulasne a soutenu qu’il pouvait être impossible de «prouver hors de tout doute raisonnable» que les victimes disent la vérité et qu’un crime a été commis. «C’est ma parole contre celle de l’agresseur. Mais en même temps, ce n’est même pas ça, parce que l’agresseur n’a jamais été interrogé. C’est ma parole contre la présomption d’innocence.»

«Pour eux, et c’est là que ça coince, c’est que quelque part, j’ai consenti, a-t-elle déploré. À partir du moment où je ne me suis pas fait casser la figure et que je ne suis pas allée porter plainte tout de suite à la police, il n’y a pas de preuve hors de tout doute raisonnable. Moi, ils considèrent que j’ai consenti.»

«J’ai eu l’impression qu’on me refusait l’accès à la Justice», a insisté Mme Tulasne, qui fait partie des femmes qui avaient fait une sortie publique en octobre 2017 contre le fondateur de Juste pour rire. «S’il n’y a pas d’accusation de portée, je vais vraiment remettre en question l’efficacité du système de justice.»

Selon elle, «il y a des choses à changer» pour «que la loi évolue pour permettre aux victimes d’agressions sexuelles de se faire entendre et d’avoir accès à la justice».

«Ce n’est pas parce qu’on ne dit rien qu’on consent, souligne-t-elle. Et ce n’est pas parce qu’on cède qu’on consent. Céder n’est pas consentir. Céder parce qu’on a peur ou céder parce qu’on trouve que c’est la meilleure solution pour s’en sortir et qu’il n’y a pas d’autre issue, ce n’est pas forcément consentir.»

 

  • ÉCOUTEZ AUSSI l’analyse de la juge à la retraite Nicole Gibeault:

 


 

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