/news/politics
Navigation

Ottawa muet sur les menaces de la Chine dans le scandale Huawei

Deux Canadiens seraient actuellement détenus par mesure de représailles

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Le Canada n’a pas l’intention de céder au chantage de la Chine qui menace de se venger encore plus férocement si Ottawa permet l’extradition aux États-Unis d’une femme d’affaires chinoise.

La Chine a arrêté cette semaine deux Canadiens sur son territoire, qu’elle accuse « d’activités menaçant sa sécurité nationale ».

Il s’agirait selon toute vraisemblance de mesures de représailles après l’arrestation à Vancouver au début du mois, à la demande des États-Unis, de Meng Wanzhou, une des têtes dirigeantes du géant chinois des télécoms Huawei.

Vengeance terrible

Le patron d’un média chinois proche du pouvoir a affirmé jeudi que « la vengeance de la Chine sera bien plus grave qu’un Canadien détenu » si le Canada procède à l’extradition.

La radio chinoise a quant à elle soutenu « qu’il serait sage pour le Canada de libérer Mme Meng le plus tôt possible ».

Ces menaces laissent de glace le gouvernement Trudeau, qui a l’intention de laisser le processus judiciaire suivre son cours.

« Le dossier est entre les mains d’un juge. Le côté politique ne peut pas se mêler de ce genre d’affaires », a insisté le bureau de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Les Canadiens Michael Kovrig, un ex-diplomate de passage à Pékin, et Michael Spavor, un guide organisant des visites en Corée du Nord, sont actuellement détenus par les autorités chinoises.

Ottawa n’avait pas encore été en mesure, jeudi soir, d’établir un contact avec ces derniers depuis leur arrestation.

Les députés libéraux croisés au parlement, jeudi, ont évité de répondre aux menaces de la Chine, préférant un discours d’apaisement.

« Les relations entre le Canada et la Chine, il faut voir ça sur des décennies, a affirmé le ministre François-Philippe Champagne. Nos relations commerciales ne sont pas sujettes à ce qui se passe au jour le jour. »

Approche « naïve »

Mais selon le chef du Parti conservateur Andrew Scheer, le gouvernement Trudeau doit se montrer plus ferme avec Pékin, qualifiant même l’approche du premier ministre de « naïve ».

« Nous devons dénoncer de façon sans équivoque lorsque des Canadiens subissent les conséquences à l’étranger d’arrestations policières au Canada, a-t-il déclaré. Ce message doit être envoyé haut et fort. Je pense que cette situation démontre que l’approche naïve de Justin Trudeau dans ses relations avec la Chine ne fonctionne pas. »

Meng Wanzhou a été libérée sous caution plus tôt cette semaine en attendant qu’un juge tranche sur son extradition.