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Faudra bien s’en rendre compte

David Lemieux avait malmené Curtis Stevens en 2017, à Verona dans l’état de New York.
Photo d'archives David Lemieux avait malmené Curtis Stevens en 2017, à Verona dans l’état de New York.

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NEW YORK | « Quand est-ce que les fans vont s’en rendre compte ? » C’est David Lemieux qui posait lui-même la question, hier après-midi au Madison Square Garden de New York.

Lemieux venait de participer à une conférence de presse pas très élevée. C’est Canelo Alvarez qui devait faire lever le show et l’amigo ne semblait pas en verve. Quand même, on est sur le plancher du Madison Square Garden, c’est toujours énorme.

Il y a quatre ans, Lemieux était en finale contre Gennadi Golovkin et tous les billets étaient vendus depuis le mardi. Jeudi, il en restait encore de très bons. Dont deux pour le doc Mailloux.

À part Canelo Alvarez, c’est David Lemieux qui a retenu l’attention. À son dernier combat, il a assommé Gary « Spike » O’Sullivan au premier round. Ça se passait à Las Vegas. Avant, il y avait eu Curtis Stevens. Et N’Dam, et Golovkin, et Stevens. Et entre les champions, Gabriel Rosado à New York, Glen Tapia, Christian Rios, Marco Reyes, et maintenant Tureano Johnson, tous de solides pointures.

Autrement dit, depuis cinq ans, Lemieux se bat contre de très solides boxeurs avec l’écrasante pression de gagner s’il veut rester au sommet en compagnie des champions.

Au tennis, c’était le cas d’Andy Murray s’il voulait rester dans le groupe de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic.

Tous les Québécois sont conscients de la valeur des adversaires de Jean Pascal. Pour Lemieux, c’est moins évident. Faudra bien s’en rendre compte à un moment donné,

36 MINUTES DE SOLITUDE

Cette fois, Lemieux est encore à risque. Ce Tureano Johnson est un taureau. Il n’a qu’une direction au volant, c’est en avant. Il est ambidextre, et si vous voulez vous faire une idée, allez voir sur YouTube son combat contre Curtis Stevens. Johnson menait largement aux points quand il a manqué de prudence au dixième et dernier round. Stevens l’a pincé et s’est sauvé avec un knock-out. Mais c’est un dur.

Lemieux est prêt, mais il n’a pas peur : « Si Camille Estephan me négocie ces gros combats, c’est parce qu’il sait ce que je suis capable de faire. Et puis j’aime ça, ces gros challenges », dit-il.

À New York, sa coupe de poids se passe aussi bien qu’à Las Vegas et il s’est préparé très sérieusement pour le combat : « La boxe, en principe c’est un sport individuel. Mais dans le fond, c’est un travail en équipe. Il y a Marc (Ramsay), mais il y a aussi Hugo Lettre, Luc-Vincent (Ouellet), Jarek Kulesza, Samuel Décarie et même Camille (Estephan). C’est une équipe forte et déterminée. Chacun a un rôle important dans la préparation d’un combat. Stratégie, nutrition, entraînement. En fait, je ne suis seul que pendant 36 minutes dans un combat. Tout le reste du temps, je suis entouré par une équipe. La boxe, ça prend du temps, du sang, de la sueur », de dire Lemieux.

LE PLUS FORT

Tureano Johnson a déjà 34 ans. Il n’a subi que deux défaites en carrière, mais elles lui furent très coûteuses. Battre David Lemieux est la clé pour une fin de carrière lucrative. Si Lemieux ne peut se permettre de perdre, Johnson le peut encore moins.

Il est plus grand que Lemieux et frappe dur. C’est un bon boxeur, embêtant à cause de sa capacité de boxer autant de la gauche que de la droite.

Mais Lemieux a une confiance en lui inébranlable. Ce n’est pas du bidon ou des phrases apprises d’un gourou : « Non seulement je frappe plus fort, je suis plus fort. C’est pas compliqué, je suis le plus fort cogneur au monde dans la division des 160 livres. Johnson va le découvrir », d’assurer Lemieux sans une seconde d’hésitation.

Il va le découvrir, comme l’ont découvert Stevens et O’Sullivan.

S’agit de l’attraper.