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Un album p­­our enfants un peu trop sage

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Mine de rien, la musique pour enfants redore son blason depuis quelques années.

Mme Élodie

Mme Élodie
  • ★★★
Photo courtoisie

Outre Les étoiles du dodo sur Yoopa, l’inclusion de volets familiaux au sein d’événements comme le très punk Pouzza Fest ou encore des collaborations inusitées réunissant des musiciens comme Pépé et sa guitare ainsi que la préférée des tout-petits Atchoum, un constat s’installe : la musique pour enfants n’est plus exclusive aux clowns louches et aux interprètes à la voix de crécelle.

Une certaine surprise demeure, toutefois, lorsqu’on apprend que Yann Perreau signe cet album homonyme pour l’artiste jeunesse Mme Élodie, en compagnie de François Chauvette (collaborateur pour Catherine Major, notamment). Bien que Perreau soit père et fier de l’être – un coup d’œil à son compte Instagram suffit ! –, de là à l’imaginer aux commandes d’un album pour enfants ?

Et pourtant, la magie opère.

Création de la comédienne Karen Coffman, le personnage de Mme Élodie se veut une enseignante débordante d’énergie (d’où les trémolos quasi opératiques, j’imagine). La dame aborde donc une foule de sujets éducatifs et près du quotidien des enfants. Ah mon pied, qui aborde les excès de colère de ces chers chérubins, fera sourire les parents qui en sont au stade du « terrible two » avec leurs gamins, d’ailleurs !

Première surprise, le ton n’est pas infantilisant... et, étrangement, c’est également la faiblesse de l’œuvre.

Autant en paroles qu’en musiques (qui sont très belles, d’ailleurs), Mme Élodie manque de douce folie ou d’accroche pour appâter les plus jeunes.

Un projet noble, certes, mais qui devrait « slacker sa cravate » pour le prochain disque !

Ice Cube

Everythang’s Corrupt

  • ★★★ ½
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Plus que jamais, Ice Cube veut vous rappeler qu’il demeure le trublion de N.W.A. avant d’être un acteur pour comédies et films pour enfants avec Everythang’s Corrupt, son dixième album solo en carrière. En gros, le rappeur vise à boulets rouges sur tout ce qui bouge et, à force de s’étendre, manque plusieurs cibles. Si sa salve anti-Trump est appréciée, bien que maladroite, sa dénonciation des inégalités sociales – alors que le monsieur est également un homme d’affaires accompli – sonne un brin faux. Les nostalgiques apprécieront certains beats, toutefois.

Coldplay

Live In Buenos Aires

  • ★★ ½
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Le groupe pop profitait de la parution de son propre documentaire A Head Full Of Dreams pour y glisser ce cinquième album capté en concert. Capitalisme oblige, Coldplay offre également le concert sans le docu... ce qui rend le projet beaucoup moins intéressant. Vous vous en doutez bien, Live In Buenos Aires est un pot-pourri des récents succès du groupe et de quelques classiques sur fond incessant d’un public aussi survolté qu’audible. Rien de très original outre sa durée (plus de deux heures) et le fait que le spectacle a été capté à La Plata et non pas dans la capitale argentine ! Pour fans purs et durs seulement.

Wings

Wild Life et Red Rose Speedway

  • ★★★★ ½
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Macca poursuit son travail d’excavation en proposant de nouvelles versions rematricées de deux classiques de Wings – Wild Life (1971) et Red Rose Speedway (1973) – pour l’initiative Paul McCartney Archive Collection. Au programme : ces classiques – qui sonnent incroyablement bien ! – ainsi que quelques pièces supplémentaires, dont une version inédite de Dear Friend, une pièce rare, dénudée et émouvante (retrouvée sur Wild Life) où on revient sur la rupture entre McCartney et Lennon. Si vous n’avez pas déjà ces albums dans votre collection, voici une belle occasion !

 

Coup de coeur

 

Fuudge

Les matricides

  • ★★★★ 
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Un peu de rattrapage avec cette parution de novembre qui résonne encore des semaines plus tard. Formation rock locale menée par David Bujold, Fuudge frappe donc fort avec ce premier album complet un brin plus abrasif que les deux maxis le précédant. Bien que l’on compare souvent le projet à Galaxie, Black Sabbath, voire Nirvana, Les matricides est également une belle vitrine pour les penchants prog et même psychédéliques de Bujold et sa bande (les nostalgiques de Pink Floyd devraient également tendre l’oreille). Si vous aimez le rock tellement lourd qu’il défie les lois de la gravité, rendez-vous au fuudge.bandcamp.com.