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Voler de ses propres ailes

Durant son stage chez Bombardier avec la C Series, Maxime Gauthier-Bourbonnais a eu un éclair de génie

Maxime Gauthier Bourbonnais, cofondateur de Mérinio dans ses bureaux à Montréal.
Photo PIerre-Paul Poulin Maxime Gauthier Bourbonnais, cofondateur de Mérinio dans ses bureaux à Montréal.

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Le stage de Maxime Gauthier-Bourbonnais chez Bombardier en 2013 aura été annonciateur. Son stage en génie offrait un défi unique pour un futur ingénieur qui travaillait sur un avion de la C Series. Finalement, il a vite compris qu’il n’était pas fait pour travailler dans la grande entreprise.

« Je rentrais à la maison le soir avec le sentiment de ne pas vraiment m’accomplir. C’est à ce moment-là que l’idée de me lancer en affaires a germé », raconte Maxime Gauthier-Bourbonnais.

Il lui faudra attendre quelques années avant de concrétiser son projet. En 2016, avec trois associés, il fonde Mérinio qui a mis au point un logiciel pour simplifier la gestion des ressources humaines.

« C’est une tâche longue et fastidieuse de gérer les horaires de remplacement, explique le jeune entrepreneur. Notre outil permet d’automatiser la distribution des postes pour combler un manque de personnel. »

C’est le logiciel, qui est en fait un robot, qui effectue les appels pour distribuer les heures de travail disponibles. Il tient compte en plus de différents paramètres tels que l’ancienneté, les qualifications des employés, leurs préférences quant à l’horaire, etc.

« Notre assistant virtuel peut même interagir avec les employés, que ce soit au téléphone ou par textos. »

Une question de persévérance

Après une phase de développement qui a duré près d’un an, les associés se sont lancés dans la commercialisation de leur produit. Leur persévérance a été mise à rude épreuve.

« On a essuyé plus d’une centaine de refus avant de décrocher notre premier client », raconte le jeune entrepreneur.

C’est La Ronde qui a accepté de tester le logiciel pour combler ses quarts de travail. Comme ses besoins en personnel varient beaucoup d’un jour à l’autre en fonction des conditions météorologiques et de l’achalandage, l’outil venait alléger la tâche des responsables des RH.

Ce client a été suivi de plusieurs autres, « surtout des grandes entreprises et aussi des PME. Nous avons également de bons prospects en vue. »

Mérinio cible principalement les entreprises touristiques, les centres de distribution et les entreprises de services.

Son produit est offert en formule d’abonnement mensuel qui varie selon le nombre d’employés et les fonctionnalités choisies (suivi des compétences, gestion des absences et des vacances, etc.).

Gérer la croissance

Pour les coassociés, l’heure est à la gestion de la croissance. L’entreprise emploie aujourd’hui 19 personnes, dont 10 développeurs, et prévoit encore ajouter à ses effectifs en 2019. Elle poursuit également le développement technologique pour doter son logiciel de nouveaux modules.

Mérinio est née au Centech, l’incubateur de l’École de technologie supérieure, qu’elle a quittée en août dernier seulement. Elle a aussi profité en parallèle des services de MTLab, un autre incubateur d’innovations en tourisme, culture et divertissement.

« On a utilisé toutes les ressources disponibles dans l’écosystème entrepreneurial, explique Maxime. Cela nous a permis d’accélérer le développement de l’entreprise. On a aussi été entouré d’entrepreneurs en série qui nous ont partagé leurs expériences, ce qui nous a fait éviter bien des erreurs. »

Son parcours

  • Maxime Gauthier-Bourbonnais, 27 ans
  • Baccalauréat en génie de la production automatisée, École de technologie supérieure, 2015
  • Maîtrise en gestion de l’innovation, ÉTS (en cours)
  • Analyste en fiabilité, Bombardier, 2013
  • Cofondateur de Mérinio, 2016

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « Ouvrir le capital de l’entreprise à des anges investisseurs. L’été dernier, on a obtenu environ 1 M$. Cela nous permet d’accélérer la croissance de l’entreprise. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Avoir manqué de rigueur pour établir les ententes avec d’anciens associés au début de l’entreprise. Cela a été un défi important à relever quand il y a eu mésentente. Cela aurait pu tuer la business. »  

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