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Bulletin de fin de session

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Les sessions se suivent, mais ne se ressemblent pas. Celle qui s’est achevée jeudi ne fait pas exception à la règle.

Elle aura été marquée par la légalisation du cannabis, la fin (ou presque) de la saga de la renégociation de l’ALENA et par de multiples députés tombés en disgrâce.

Mais surtout par un changement de ton pour les formations fédérales qui sont d’ores et déjà passées en 4e vitesse en vue des élections d’octobre 2019.

L’heure est au bilan pour les chefs et les députés.

Justin trudeau, PLC

Photo d'archives, AFP

★★★½

Le moins qu’on puisse dire est que la session d’automne a été moins pénible pour le premier ministre que celle du printemps, pendant lequel son voyage désastreux en Inde et l’achat d’un pipeline avaient lourdement entaché l’image de Justin Trudeau. Cette fois-ci, il peut toutefois se targuer d’avoir bouclé la renégociation de l’ALENA malgré Donald Trump. Le pot a aussi été légalisé sans heurts majeurs. N’empêche que tout n’est pas rose pour autant. Sa taxe sur le carbone fait grogner, il a (encore) creusé le déficit et le bilan environnemental du Canada est difficile à défendre malgré les beaux discours.


Andrew Scheer, PCC

Photo d'archives

★★½

Les troupes conservatrices ont marqué de bons points cette session, en faisant reculer le gouvernement sur certaines positions à force de marteler leurs critiques en Chambre. On peut penser par exemple au projet de Statistique Canada de collecter les données bancaires de 500 000 ménages canadiens à leur insu. Andrew Scheer a aussi marqué les esprits aux Communes, convainquant une députée libérale de passer dans son camp. Néanmoins, le départ de Maxime Bernier et les attaques subies après les coupes dans les services en français de son allié Doug Ford ont porté de durs coups à la formation. M. Scheer s’attire aussi les critiques, parce qu’il refuse de donner des détails sur ses plans s’il est élu, par exemple, en environnement. Sans compter son appui à la relance du projet d’oléoduc Énergie Est qui risque de bien mal passer au Québec.


Jagmeet singh, NPD

Photo d'archives

Des vétérans qui quittent le bateau, des coffres dégarnis et un caucus déprimé par la mauvaise performance de son chef : rien ne va plus pour le leader néo-démocrate. Jagmeet Singh n’a pas su rallier son caucus derrière lui ni s’imposer dans l’arène fédérale, comme en font foi les sondages et résultats d’élections partielles. Ça passe ou ça casse pour lui en début d’année lorsque l’élection partielle de Burnaby-Sud, où il sera candidat, sera déclenchée. Mais déjà des noms de députés pouvant le remplacer à la tête du parti sont évoqués en coulisse.


Maxime bernier, PPC

Photo d'archives, Agence QMI

★★½

Le Beauceron a bien réussi son départ des rangs conservateurs, infligeant un maximum de dommage à son ancienne formation ce faisant. Chose certaine, lui et son nouveau parti réussissent à inquiéter les troupes conservatrices depuis. Ceci dit, « Mad Max » a fait rire de lui lorsqu’il a tenté d’expliquer que « le CO2 n’est pas de la pollution », mais plutôt ce dont se nourrissent les plantes. Il s’est aussi attiré des critiques pour ses méthodes de communication à la Trump, ou encore pour avoir choisi un média alternatif de droite très controversé pour son tout premier discours.

Ces députés qui se sont mis dans l’embarras

Raj Grewal (ex-libéral, aujourd’hui indépendant)

Photo courtoisie

Entre autres déboires, le député de Brampton-Est, en Ontario, a fait l’objet d’une enquête de la GRC, et même de filatures, après avoir flambé des millions de $ à un casino près du parlement. En trois ans, il a accumulé une dette personnelle dans les millions de dollars. S’il assure ne pas tremper dans quoi que ce soit de louche, ainsi qu’avoir tout remboursé depuis, une certaine dose de mystère et de questions demeure dans cette affaire. Et la cerise sur le sundae : après avoir annoncé sa démission, il est revenu sur sa parole. On sera fixés en janvier.


Tony Clement (ex-conservateur, aujourd’hui indépendant)

Photo d'archives, Agence QMI

Ce poids lourd du parti conservateur en a été chassé après qu’il ait admis avoir été victime de deux tentatives de sextorsion, dont l’une de la part d’un agent étranger, après avoir échangé des images compromettantes. L’homme marié et père de trois enfants est un ex-ministre de l’ère Harper. Il a été élu à quatre reprises depuis 2006. Le plus inquiétant dans cette histoire est que Clement faisait partie des quelques élus qui siègent à un comité ultrasecret traitant de la sécurité nationale et du renseignement.


Nicola Di Iorio (libéral)

Photo d'archives

Une mystérieuse absence prolongée au parlement, une mission secrète, une valse-hésitation autour de sa démission et des explications sans queue ni tête. Le député montréalais, qui travaille pour une firme d’avocats de la métropole, a fait couler beaucoup d’encre dans les derniers mois, parce qu’il continuait d’occuper son poste de député sans venir à Ottawa des mois durant. On n’a toujours pas le fin mot de l’histoire dans cette affaire.