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L’ex-«pilote des stars» est libre

L’ex-«pilote des stars» est libre
Photo Matt Joycey

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Normand Dubé doit sortir de prison aujourd’hui. Un juge fait libérer l’ancien «pilote des stars» en attendant que procède l’appel de sa condamnation à sept ans de pénitencier pour le sabotage de lignes à haute tension dans les Laurentides.

Le juge Martin Vauclair de la Cour d’appel constate «l’absence de craintes d’un danger sérieux pour la société». Il impose cependant une série de conditions à Dubé, 56 ans, dont celle de ne pas voler, que ce soit à titre de pilote ou de passager.

Il doit aussi maintenir sa caution de 10 000 $ au greffe et «maintenir l’engagement» de son beau-père au montant de 20 000 $.

30 M$ en dommages

Dubé a été condamné à sept ans de pénitencier le 10 décembre pour avoir provoqué des pannes sur trois lignes d’Hydro-Québec, les 4 et 5 décembre 2014. Ces sabotages ont causé des pannes chez 188 000 abonnés et coûté près de 30 M$ en dommages à Hydro-Québec.

L’ancien pilote et constructeur d’avions conteste toutefois sa condamnation et affirme notamment que l’un des témoins clés contre lui aurait dû être écarté, puisqu’il a été hypnotisé et ne peut donc être contre-interrogé.

Dubé continue de clamer son innocence et assure qu’il est impossible de saboter les lignes d’Hydro-Québec avec la technique que le juge de première instance lui reproche d’avoir utilisée à partir de son avion.

«On va essayer de faire en sorte que justice soit rendue, dit son nouvel avocat, Mario Lavigne, en entrevue avec notre Bureau d’enquête. Je trouve particulier le modus operandi de sabotage qu’on reproche à mon client.»

L’ex-pilote et inventeur chevronné reproche aussi aux policiers d’avoir amassé leur preuve «dans une expédition de pêche», dit l’avocat de Dubé. Selon l’avis d’appel, le juge a fait une erreur en décidant que les données récoltées sur son vol chez le contrôleur aérien ne relevaient pas de sa vie privée.

Une ordonnance fédérale visant à protéger la sécurité nationale interdit aux journalistes de rapporter la méthode précise qu’a utilisée Dubé pour causer les pannes sur les lignes d’Hydro-Québec.

«Inquiétant»

Le ministère public a tenté d’empêcher la libération de Dubé en affirmant qu’il est dangereux et que son emprisonnement sert l’intérêt public. «On a affaire à quelqu’un qui est hargneux et qui a agi par vengeance, ce qui est inquiétant», disait le procureur Steve Baribeau le 13 décembre en Cour d’appel.

En plus de son appel sur sa condamnation pour le sabotage des lignes, Dubé, qui a conduit des avions ou des hélicoptères en compagnie de nombreuses vedettes, doit subir un autre procès criminel pour 20 autres chefs d’accusation pour incendies criminels, méfaits, menaces de causer la mort ou des blessures et harcèlement criminel.

Les victimes alléguées comprennent un homme d’affaires ainsi que plusieurs fonctionnaires, huissiers et avocats liés aux villes de Sainte-Anne-des-Plaines et de Terrebonne, ainsi qu’à l’Agence des services frontaliers du Canada.

Parmi ses conditions de libération, la Cour d’appel exige d’ailleurs que Dubé se tienne loin des victimes alléguées de ces crimes.

Dubé fait aussi face à une poursuite civile d’Hydro-Québec, qui lui réclame près de 30 M$ pour les dommages qu’il a causés sur son réseau.