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Stages chez Cyclochrome: transformer sa vie en réparant des BIXI

Stages chez Cyclochrome: transformer sa vie en réparant des BIXI
CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER/24 HEURES/AGENCE QMI

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MONTRÉAL – Après avoir redoublé ses deux premières années de secondaire, Émilie Tassé s’est fait suggérer un stage en mécanique de vélo chez Cyclochrome; cinq ans plus tard, la vie de la jeune femme s’est radicalement transformée, pour le mieux.

Quand on voit Émilie Tassé avec son grand sourire et ses yeux pétillants circuler au milieu de l’atelier de Cyclochrome où sont entreposés pour l’hiver les 6250 BIXI, difficile de croire qu’elle n’a pas toujours été comme ça. La jeune femme lance des blagues à ses collègues, est visiblement appréciée de tous, et peut expliquer tous les processus de réparation et d’entretien préventif des vélos sans aucune hésitation.

Or, en 2013, son moral était moins bon. Alors âgée de 15 ans, elle vivait des difficultés dans sa vie personnelle, et n’avait pas vraiment la tête à l’école, où elle venait de redoubler sa deuxième année de secondaire. C’est à ce moment-là qu’on lui a proposé de continuer ses cours tout en participant au programme de Formation à un métier semi-professionnel (FMS), qui inclut un stage de 375 heures en entreprise, réparti sur l’année scolaire.

La piqûre

Celle qui a toujours été plutôt manuelle a eu la piqûre quand un formateur de Cyclochrome est venu leur faire une démonstration de changement de pneu en classe; elle a tout de suite su que c’est là qu’elle voulait faire son stage. «Je savais déjà que j’aimerais ça. J’étais stressée lors de l’entrevue, mais quand on m’a dit que j’étais prise ça a tellement fait mon bonheur! Dès le début je tripais, je voulais tout apprendre», raconte-t-elle aujourd’hui.

À la fin de l’année scolaire, elle avait bien intégré l’équipe des mécanos et a été engagée à temps partiel par Cyclochrome. «Mais ça n’a pas pris de temps que je voulais du temps plein. L’école, ce n’était pas mon fort, je voulais travailler et j’aimais ce que je faisais», se souvient-elle.

Finir son secondaire

Même si elle quittait ainsi l’école pour suivre sa passion, la jeune femme n’a pas mis une croix sur son éducation. Cyclochrome permet à ses employés de poursuivre leur secondaire à leur rythme grâce à des cours dispensés sur place – l’entreprise fournit même les cahiers. Émilie et une vingtaine de ses collègues suivent donc des cours de mathématiques et de français entre deux réparations.

Ça fait cinq ans qu’Émilie Tassé, qui a maintenant 21 ans, travaille chez Cyclochrome. Pendant ces années, sa vie s’est transformée: elle a de son propre aveu beaucoup progressé sur le plan personnel, est devenue maman d’un petit garçon et a été nommée superviseure à la tête d’une équipe il y a quelques mois.

«C’est vraiment le milieu dans lequel je suis bien. C’est comme une grande famille. À l’époque où j’étais en stage deux jours par semaine, je venais passer du temps ici même quand je ne travaillais pas», se rappelle-t-elle.

232 stagiaires en 10 ans

Cyclochrome a reçu 232 stagiaires du programme FMS depuis sa fondation il y a 10 ans.

Le directeur général Pierre-Luc Langlois souligne que la plupart d’entre eux sont embauchés par l’organisme à la fin de leur stage. «Certains, comme Émilie, restent chez nous à long terme. D’autres prennent de l’expérience puis vont travailler ailleurs, il y en a qui changent d’industrie... La mission de l’entreprise, c’est d’amener les jeunes à pouvoir grandir là-dedans, qu’ils développent de l’autonomie. Ensuite, si on peut les embaucher, c’est un plus».

Avec la réparation et l’entretien des BIXI, les 38 employés de Cyclochrome ont déjà du travail 12 mois par année. L’organisme est en expansion; BIXI ajoutera 1000 vélos à sa flotte l’an prochain, et d’autres clients ont recours aux services de l’entreprise, par exemple le Service de police de la Ville de Montréal.