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Complexe Royalmount: le Quartier des spectacles craint que son offre se fragilise

Complexe Royalmount: le Quartier des spectacles craint que son offre se fragilise
Photo courtoisie, Carbonleo

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Le Quartier des spectacles de Montréal craint que la construction de deux grandes salles de représentation dans le complexe Royalmount fragilise l’offre culturelle au centre-ville.

C’est l’une des mises en garde qu’ont faites mercredi Jacques Primeau et Pierre Fortin, respectivement président du conseil d’administration et directeur général du Partenariat du Quartier des spectacles, lors de la première consultation publique sur les impacts du projet Royalmount.

Ce grand complexe commercial et culturel, qui vise à s’implanter au coin des autoroutes 15 et 40, comprendrait deux salles de spectacle, de 1500 et 4500 places.

Selon M. Primeau, celles-ci pourraient mettre en péril l’équilibre maintenu par les salles de spectacle du centre-ville, qui utilisent par exemple les revenus d’une série de spectacles de Louis-José Houde pour présenter ensuite un spectacle plus «niché», comme de la danse contemporaine.

«Si on prend trois ou quatre comédies musicales, qu’on enlève ça du budget de la Place des arts et qu’on les amène dans une salle du Royalmount, c’est sûr que cet argent-là sera moins disponible pour faire des spectacles de création plus coûteux, moins rentables», a-t-il dit.

Des chiffres de l’Observatoire de la culture indiquent que le nombre de billets vendus dans la grande région de Montréal est plutôt stagnant depuis 2004, oscillant autour de 3,5 millions par année.

En ajoutant 1,5 million de billets dans le marché d’un seul coup, le Royalmount pourrait créer une «catastrophe» pour les autres salles de Montréal, a dit M. Primeau.

Logements sociaux

Lors de la consultation, l’organisme communautaire Projet Genèse, situé dans Côte-des-Neiges, a pour sa part plaidé pour l’inclusion de 80 % d’unités d’habitation locatives – et non de condos – et d’au moins 30 % de logements sociaux dans l’éventuelle partie résidentielle du projet, pour répondre aux besoins des habitants du quartier.

«Tout nouveau développement, surtout d’une telle envergure, devrait servir les intérêts et priorités des ménages montréalais», a souligné Claire Abraham, organisatrice communautaire. «On le voit bien dans le quartier Côte-des-Neiges, à quel point les ménages ont de la misère à se loger convenablement», a-t-elle ajouté.

Commerçants inquiets

L’Association des Sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), de son côté, a de nouveau exprimé ses inquiétudes concernant les pertes de revenus que subiront les commerces déjà implantés à Montréal et a recommandé la création d’un comité de travail.

Celui-ci pourrait notamment réfléchir à des moyens de dédommager les commerçants touchés par le développement du Royalmount et s’assurer que la complémentarité vantée par le promoteur Carbonleo soit réellement au rendez-vous, a proposé la directrice générale Caroline Tessier.

Enthousiasme

La présentation du cofondateur de Juste pour rire, Andy Nulman (qui s’exprimait à titre personnel), a détonné, puisqu’il a exprimé un enthousiasme manifeste pour le complexe.

«En ce moment, le projet fait face à de la résistance, ce qui est normal dans le cadre des mégaprojets», a-t-il dit, ajoutant espérer qu’un jour les Montréalais s’en vanteraient plutôt que de s’en méfier.

Trois autres séances de consultation publique se dérouleront en janvier.