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Ensemble Montréal, ensemble pourquoi?

Ensemble Montréal, ensemble pourquoi?
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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Les élections partielles sont rarement favorables aux administrations en place, puisque les électeurs ont tendance à s’en servir pour exprimer leur mécontentement envers les élus en place. Pour cette raison, la victoire, dimanche, de Caroline Bourgeois, la candidate de Projet Montréal à la mairie de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, devrait être une source d’inquiétude pour l’opposition d’Ensemble Montréal, l’ancien parti de Denis Coderre.

Pourtant, lors des élections générales de novembre, l’ex-mairesse Chantal Rouleau, d’Équipe Denis Coderre, avait remporté cette mairie avec une confortable avance de 15% sur le candidat de Projet Montréal. Même s’il faut être prudent en interprétant les résultats d’élections partielles, on peut toutefois faire quelques prudentes observations suite aux résultats dans RDP-PAT.

 

Un succès pour Projet Montréal en périphérie

D’abord, cette victoire vient confirmer la percée de Projet Montréal à l’extérieur des quartiers centraux de la ville. Difficile, en effet, de faire moins « quartier central » que la pointe est de l’île.

Mon collègue suggérait récemment, non sans raison, que la nouvelle ligne de fracture politique à Montréal pourrait être entre les quartiers centraux, pro-Projet Montréal, et les quartiers périphériques, opposés à PM. Comme il semble improbable que Projet Montréal soit délogé dans Rosemont ou le Plateau-Mont-Royal, le résultat de la prochaine élection dépendra probablement de la capacité à Projet Montréal de maintenir ses acquis dans les quartiers périphériques, comme Ahuntsic ou RDP-PAT. La victoire de Caroline Bourgeois est donc une excellente nouvelle pour les troupes de Valérie Plante, d’autant plus que Mme Bourgeois bénéficiera d’une notoriété accrue au moment de tenter de se faire réélire dans trois ans dans cet arrondissement crucial.

 

Ensemble Montréal en quête d’une marque de commerce

 

Ensuite, cette défaite d’Ensemble Montréal dans un arrondissement pas particulièrement fertile pour Projet Montréal met en évidence la difficulté pour un parti politique qui était construit autour de son chef de se remettre de son départ. Plus d’un an après les élections, Ensemble Montréal, n’a toujours pas de nouveau chef en vue, ni même, bien honnêtement, d’orientation politique claire lui permettant de se démarquer du parti au pouvoir.

Dans une entrevue à Radio-Canada, en novembre, le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Pérez, décrivait son parti de la façon suivante, qui ressemble drôlement au discours que tenait Projet Montréal en campagne : « Ensemble Montréal est un parti progressiste et pragmatique. Ça signifie que nous sommes préoccupés de justice sociale, d’aménagement urbain durable, de mobilité et d’environnement, tout en ayant une grande préoccupation pour une gestion responsable et rigoureuse des deniers publics et un désir d’éviter les luttes de principe et les promesses irréalistes ». L’aménagement urbain, la mobilité et l’environnement étant les sujets de prédilection de Projet Montréal, il serait surprenant que l’opposition arrive à les dépasser par la gauche sur ces enjeux.

S’il est important que le parti d’opposition se désigne un chef rapidement, il est encore plus important que les membres d’Ensemble Montréal déterminent pourquoi ils sont, effectivement ensemble. Outre la personnalité de leur chef, qu’est-ce qu’Ensemble Montréal propose aux Montréalais et Montréalaises que Projet Montréal n’offre pas? Sans marque de commerce, il sera difficile pour le parti de se démarquer de l’administration en place et, éventuellement, d’offrir une solution de rechange lors des prochaines élections.