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«Slava’s Snowshow»: poésie et féérie

Présentation devant médias du spectacle Slava's Snowshow au Théâtre St-Denis, à Montréal, le jeudi 20 décembre 2018.
Sur cette photo: Slava Polunin
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Présentation devant médias du spectacle Slava's Snowshow au Théâtre St-Denis, à Montréal, le jeudi 20 décembre 2018. Sur cette photo: Slava Polunin

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MONTRÉAL – Assissaï le clown mélancolique et ses drôles d’acolytes du «Slava’s Snowshow» sont de retour au Théâtre St-Denis pour ensorceler Montréal de leur douce folie. Ouvrez grand vos yeux, vos oreilles et votre cœur, et laissez-vous bercer par le monde imaginaire de Slava, dans lequel les tracas du quotidien n’existent pas.

 

Magique, féérique, hypnotique: on ne sera jamais à court de superlatifs pour décrire la production fantaisiste tout à fait hors-norme qu’est le Slava’s Snowshow, lequel superpose théâtre, art clownesque et mime, et qui déploie des trésors d’imagination pour susciter l’émerveillement.

La vue, l’ouïe et le toucher des spectateurs sont mis à profit dans cet enchaînement participatif, auquel chacun donnera sa signification toute personnelle. L’histoire de Slava et son entourage de personnages aux manteaux verts prend vie dans une succession de tableaux musicaux abstraits, sans paroles, où l’action n’est que suggérée, qu’il s’agisse du mouvement d’un requin nageant en eaux brumeuses, d’un cœur brisé ou d’adieux douloureux.

Rêverie pure

Bien sûr, le Slava’s Snowshow est reconnu pour son emblématique tempête de bouts de papier, clou du spectacle, qui crée un véritable ravissement en clôture, mais il y a plus dans ce collage à l’ambiance enfantine.

Comme les interactions entre les artistes sur scène et le parterre, menées par de simples gestes du pied ou de la main, ou les gigantesques ballons qui s’abattent sur la salle et qu’on prend encore plaisir à repousser bien après la tombée du rideau, ou la petite pluie inattendue qui ouvre la deuxième partie.

Certains rigoleront du Slava’s Snowshow, d’autres y seront émus. Les plus sages y décèleront quelques enseignements ou des philosophies à retenir. Mais le spectacle est d’abord et avant tout un moment de rêverie pure, colorée et fréquemment absurde, dans lequel il faut simplement s’immerger sans se poser de questions.

Jeudi, lors de la première qui marquait le début de ce nouveau rendez-vous avec les Montréalais, le public, apparemment initié, n’a visiblement pas été étonné lorsque l’infinie «toile d’araignée» du Slava’s Snowshow, l’une des trouvailles les plus surprenantes de la prestation, s’est étendue au-dessus de sa tête, juste avant l’entracte.

Gloussant allègrement, les gens savaient comment repousser vers l’arrière la substance cotonneuse... que les gardiens de sécurité doivent récupérer par la suite!

Il faut dire que le Slava’s Snowshow entretient une histoire d’amour de longue date avec Montréal. La pièce, jouée plus de 6000 fois par différents interprètes depuis 1993, s’est arrêtée quatre fois dans la métropole au fil des ans, en 1999, 2002, 2008 et 2017.

Le maître clown russe Slava Polunin, créateur de cet envoûtant «Slava’s Snowshow», qui se fait généralement rare, était d’ailleurs présent dans la salle, jeudi, pour saluer cette nouvelle série de représentations au Québec.

Le Slava’s Snowshow est présenté au Théâtre St-Denis jusqu’au 6 janvier 2019.