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Cauchemars à la Maison Blanche

Peur, Trump à la Maison blanche, Bob Woodward, Éditions du Seuil
Photo courtoisie Peur, Trump à la Maison blanche, Bob Woodward, Éditions du Seuil

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Vous aimez les histoires d’horreur ? Si oui, vous serez servis avec les histoires ahurissantes que raconte Bob Woodward, le journaliste qui a révélé le scandale du Watergate.

Nous sommes habitués au Québec à la plus grande transparence. Si notre premier ministre éternue ou lâche un gros mot, qu’il soit dans son bunker ou dans son bureau à Montréal, ça se saura. D’où une certaine retenue, un certain protocole. Mais chez le président actuel des États-Unis, c’est autre chose. On ne se gêne pas pour se crêper joyeusement le chignon et pour tricher, pour camoufler la vérité afin d’éviter le pire. Et le pire, ce serait quoi ? Ça pourrait bien être l’éclatement d’un conflit à l’échelle planétaire, avec l’envoi de missiles nucléaires, si on laissait le président Trump agir selon ses humeurs du moment.

Dangers importants

La seule lecture du prologue vous convaincra que nous courons de graves dangers. Pas plus tard que l’an dernier, Trump spéculait avec des stratégies périlleuses concernant la Corée du Sud, pourtant son allié. Heureusement que veillaient au grain deux de ses proches conseillers qui, à l’insu du président, faisaient tout en leur pouvoir « pour neutraliser ce qu’ils estimaient être les ordres les plus impulsifs et dangereux de Trump ». On croit rêver. Ces proches collaborateurs utilisaient toutes sortes de subterfuges pour ne pas obéir aux ordres de leur patron : perte de documents, rédaction de faux, argumentation fallacieuse, longs délais afin de faire oublier les demandes jugées farfelues ou dangereuses du président, etc. Ils admettent être sans cesse « au bord de la catastrophe », ou « au bord de la crise de nerfs » et « sur le fil du rasoir ».

Pas reposant lorsqu’on en est rendu à craindre les décisions improvisées du président. Manipulation des médias, cachotteries grotesques, politique de la terre brûlée, injection de millions de dollars pour acheter les silences, voilà un aperçu de l’arsenal du locataire de la Maison-Blanche.

Mauvaise préparation

Manifestement, Trump ne s’attendait pas à la victoire et il n’était pas préparé à la bonne gouverne de l’État, qu’il voyait comme une entreprise privée. « Trump ne comprenait pas le fonctionnement de la comptabilité nationale en matière de dette publique », conclut le président de Goldman Sachs que Trump avait invité pour le conseiller. Il ne comprenait pas plus les services de renseignement qui possédaient sur lui des informations confidentielles, entre autres sur ses relations avec des prostituées russes. Trump se méfiera de plus en plus du FBI. En matière de politique internationale et de défense, même constat. Dès son arrivée au pouvoir, il dénigre l’OTAN sans rien proposer.

Démissions

Depuis qu’il a été élu à la présidence des États-Unis, une vingtaine de proches collaborateurs de Trump ont démissionné ou ont été chassés. Le dernier en liste, Michael Cohen, son ex-avocat, vient d’être condamné à trois ans de prison, tandis que son ministre de l’Intérieur, Ryan Zinke, vient de joindre la longue liste des collaborateurs qui ont quitté le navire du président, tous en mauvais termes. « De façon plus générale, dans les relations avec Trump, plus vous étiez proche de lui, plus la chute était violente », conclut Woodward.

L’heure est grave, parce que le président Trump est toujours en poste et menaçant dans sa folie de mégalomane incontrôlable. En fin de compte, il n’a su garder près de lui que des gens inexpérimentés, « une bande de prédateurs naturels ». Aucune direction « sur des questions aussi essentielles que la santé ou la réforme fiscale. Quant à la politique étrangère, elle était incohérente et contradictoire ».

Ce livre sera bientôt obsolète tant les bourdes et les manœuvres périlleuses du président viennent tous les jours remplir une feuille de route déjà pleine.

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