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Notre Bureau d’enquête fait bouger les choses

Primes abolies pour médecins spécialistes, démission d’un haut fonctionnaire et entrepreneur envoyé en prison

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Encore en 2018, les révélations de notre Bureau d’enquête ont eu des échos aux quatre coins de la province. Les médecins spécialistes, déjà les mieux payés au Canada, ont dû renoncer à une prime controversée. À la suite de nos reportages, un cadre au ministère de la Santé a dû démissionner et un entrepreneur qui avait produit de fausses factures payées par l’Hôpital général juif a été envoyé en prison. Sans oublier des propriétaires de guichets automatiques illégaux qui ont été mis à l’amende.

Fini la prime jaquette

Le 10 décembre dernier, la fameuse prime jaquette versée aux spécialistes en médecine interne a été abolie.

Aussi appelée « forfait jaquette » dans le milieu, il s’agissait d’un montant de 66 $ versé à des médecins spécialistes chaque fois qu’ils voyaient des patients en isolement. Pour ce faire, ils devaient enfiler une jaquette et des gants, d’où le nom de la prime.

La révélation, par notre Bureau d’enquête, du versement de cette prime en janvier a soulevé un tollé au moment où les médecins spécialistes négociaient avec le gouvernement.

La présidente de la FMSQ a elle-même annoncé la fin de cette prime en mars. Il a fallu huit mois avant que la RAMQ ne retire les codes « jaquette » du manuel de facturation des médecins spécialistes.

Les internistes ne sont toutefois pas en reste puisque la prime a été remplacée par une augmentation des montants versés pour la prise en charge de patients.

Démission à la police du tabac

Le directeur de l’inspection du tabac au ministère de la Santé, Jean-François Therrien, a quitté son poste quelques mois après les révélations de notre Bureau d’enquête sur le climat de travail toxique au sein de sa division.

Un rapport dévastateur rédigé par une répondante du ministère soulignait que sa conduite avait amené un milieu de travail malsain teinté par le contrôle et la menace. Plusieurs employés avaient quitté la direction de l’inspection dans les mois précédents.

Le ministère a refusé de donner des détails sur les raisons de son départ, mais il a tout de même pu conserver son lien d’emploi. Jean-François Therrien est un ancien député de l’Action démocratique du Québec élu en 2007.

Un entrepreneur en prison

Photo d'archives, Ben Pelosse

Un entrepreneur en construction au cœur d’un stratagème de fausse facturation à l’Hôpital général juif a été condamné à 45 mois de prison en janvier.

Notre Bureau d’enquête avait été le premier à mettre en lumière les liens étroits de Gilbert Leizerovici avec des directeurs de l’établissement. C’est à la suite de nos reportages que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a mené son enquête.

Entre 2004 et 2013, son entreprise, R.A. Rénov-Action, a obtenu pour plus de 15 millions $ en contrats de rénovation à l’hôpital. Leizerovici aurait profité de ces contrats pour gonfler ses revenus.

Deux anciens employés de l’hôpital ont également été reconnus coupables d’avoir conspiré avec Leizerovici.

Le ménage dans les guichets illégaux

Photo courtoisie

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a continué en 2018 de serrer la vis aux propriétaires de guichets automatiques illégaux, à la suite de notre enquête sur le phénomène publiée en avril 2016.

À ce jour, l’AMF a intenté 25 poursuites pénales visant 32 individus concernant l’exploitation illégale de ces guichets automatiques, réputés pouvoir servir à laver de l’argent sale.

La majorité des dossiers ont fait l’objet d’un jugement, mais quelques-uns restent à être entendus par la Cour, nous a indiqué le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, il y a quelques semaines. Le montant des amendes obtenues ou réclamées totalise 436 300 $.