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Fuir l’ennui au travail à tout prix

Raphaëlle Viau a fondé deux entreprises depuis qu’elle a quitté un emploi dans lequel les défis manquaient

Raphaëlle Viau
Photo Pierre-Paul Poulin Raphaëlle Viau a fondé deux entreprises, dont Agrilog dans le domaine de l’agroalimentaire. Sur la photo, elle montre sa nouvelle technologie pour automatiser la ventilation des silos à grains.

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Le jour où son patron lui a refusé une promotion, Raphaëlle Viau n’a pas eu besoin de réfléchir longtemps avant de donner sa démission.

« Je manquais de défis. J’avais besoin de créer quelque chose », raconte celle qui travaillait au département marketing d’un fabricant de produits de soins de santé.

Depuis, elle a fondé non pas une, mais deux entreprises.

En 2017, elle a cofondé avec son père IIS – International Innovations & Services, un cabinet de conseil en cybersécurité et ingénierie.

Puis, en 2018, elle s’est associée à son frère, Frédéric, et à Mathieu Phaneuf, deux ingénieurs en électricité, pour lancer Agrilog qui a mis au point une technologie pour automatiser la ventilation des silos à grains pour l’entreposage des céréales.

« Les agriculteurs doivent prévoir des cycles de ventilation pour maintenir un bon taux d’humidité dans les silos et préserver la qualité des grains, explique Raphaëlle Viau. Sinon, ils risquent de perdre leur récolte. »

Le système intelligent d’Agrilog est muni de capteurs qui enregistrent différentes données (température, taux d’humidité, etc.). Il permet d’effectuer un suivi en temps réel et d’agir en prévention, « ce que ne font pas les produits de nos compétiteurs ».

L’agriculture connectée

Même si la jeune entrepreneure mène ses deux projets d’entreprise de front, c’est Agrilog qui, aujourd’hui, monopolise une bonne partie de son temps. Après avoir réussi à démarcher ses trois premiers clients, la jeune entreprise veut accélérer la commercialisation de son système sur le marché québécois.

« Nous voulons aussi poursuivre le développement de notre technologie pour ajouter plus de fonctionnalités. À force de recueillir des données, nous pourrons intégrer des notions d’intelligence artificielle », explique Raphaëlle Viau fière de suivre les traces de son arrière-grand-père, le premier diplômé en agronomie au Québec en 1911.

« Il a été un pionnier à son époque, alors que nous, nous entrons dans l’ère de l’agriculture connectée. »

Les derniers mois ont été intenses pour Raphaëlle et ses associés. À l’automne, ils ont été sélectionnés dans deux accélérateurs, au Centech de l’École de technologie supérieure et à l’Accélérateur Banque Nationale – HEC Montréal.

« Faire les deux en même temps, c’était un défi, mais, en même temps, ça nous a énergisés. Les deux programmes nous ont apporté des choses différentes. Au Centech, ils nous ont poussés à être plus agressifs dans le développement de marché. À HEC Montréal, on a développé notre vision et repensé notre modèle d’affaires. »

Ils ont retiré beaucoup plus de leur passage à ce dernier accélérateur puisqu’Agrilog a remporté le premier prix de la cohorte 2018, avec une bourse de 20 000 $.

« Ce montant va nous permettre de déposer une demande de brevet pour notre technologie », explique l’entrepreneure.

Financement

Les trois associés ont financé le démarrage de leur entreprise avec leurs fonds propres. « Au début, on a acheté de l’équipement avec nos cartes de crédit. »

Pour assurer le développement de marché, leur besoin de financement s’élève à 500 000 $. « Nous voulons aller le chercher sans nous diluer, explique Raphaëlle. Le fait d’avoir gagné le premier prix nous ouvre des portes dans différents organismes de financement. En 2020, nous prévoyons toutefois mener une campagne de collecte de fonds de 1,5 M$ auprès du capital de risque. »

Elle qui carbure au défi et à la performance est bien servie comme entrepreneure. Il n’y a pas de danger qu’elle démissionne cette fois-ci.

« Pour le futur, je veux continuer à travailler dans Agrilog et IIS, et développer un portefeuille d’affaires familial qui investit en innovation. »

Son parcours

  • Raphaëlle Viau, 27 ans
  • Baccalauréat en administration (profils marketing et entrepreneuriat), HEC Montréal, 2014
  • Coordonnatrice du marketing et analyste en intelligence d’affaires, I-MED Pharma, 2013 à 2016
  • Cofondatrice d’Agrilog, 2018

Une de nos meilleures décisions

« D’avoir intégré l’accélérateur de HEC de Montréal. C’est un must. Cela nous permet de bâtir un solide réseau en plus d’ajouter à notre crédibilité auprès des investisseurs et des clients. »


Une de nos pires décisions

« Lors d’une rencontre avec un partenaire potentiel, j’ai donné trop d’information sur notre technologie. J’ai appris qu’il ne faut pas tout dire surtout si l’entreprise a des capacités à l’interne pour développer un produit semblable. Heureusement, il n’y a pas eu de mal. »


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