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Halifax la transfigurée

Halifax n’est pas très intimidante avec son centre-ville nain, mais on voit que des affaires se brassent par ici.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Halifax n’est pas très intimidante avec son centre-ville nain, mais on voit que des affaires se brassent par ici.

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Pendant longtemps, Halifax a été un port de mer où la violence était souvent au rendez-vous. Des marins du monde entier à la recherche de femmes se massaient dans des tavernes sordides et se saoulaient jusqu’à ce que la bagarre commence... idéalement plus d’une ! Quant aux « filles perdues » des Maritimes, elles finissaient ici, dans cet enfer social.

Cette ville de durs à cuire s’est beaucoup adoucie, pour ne pas dire métamorphosée. Ça me rappelle, en plus petit, le cas de Liverpool en Angleterre, d’autant plus que Halifax est britannico-chauvine de tradition... Vous n’y trouverez pas beaucoup de sympathie pour le « fait français »... L’acadianophilie est une denrée rare par ici ! Par contre, avec la montée du tourisme, la province de Nouvelle­­­-Écosse daigne désormais mentionner la route de l’Acadie (que ne ferait-on pas pour de l’argent ?).

La ville auparavant grise et déprimante s’est beaucoup colorée. La voici sympathique.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
La ville auparavant grise et déprimante s’est beaucoup colorée. La voici sympathique.

Ambiance renouvelée

Au-delà du port, il y a une univer­sité, et ça paraît. En fait, l’atmosphère a changé. Ma vision de cette ville reste marquée par ce que j’ai connu comme jeune adulte, mais, comme je le disais au début de cette chronique, une métamorphose substantielle a eu lieu. Les rues grisâtres, sales et déprimantes de jadis se sont nettoyées et colorées. Vous me direz que c’est un détail superficiel... Faux ! L’âme de la ville a changé. C’est en partie grâce à l’argent déversé généreusement par le fédéral pour relancer ce port morose et criminogène que celui-ci s’est embelli. C’est un lieu à visiter ! Disparus, les rustres ivrognes à calotte de matelot ! Une jeunesse toujours fêtarde, mais mille fois moins querelleuse, a pris sa place ! Halifax s’est ainsi... pacifiée.

Les touristes se font offrir des vêtements inspirés de la mer et de ses fruits.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Les touristes se font offrir des vêtements inspirés de la mer et de ses fruits.

Enfin, je vous rappelle qu’en 1917 un cargo français chargé de dynamite a pris feu et explosé non loin de la ville, une détonation si puissante qu’elle fut entendue à 420 km de là... La plus violente explosion de l’histoire humaine jusqu’à la bombe atomique quelque 28 ans plus tard. La Halifax qui fêtait le centenaire de cette catastrophe l’an dernier n’est plus la même. Une chose n’a pas changé. Parce que la Croix-Rouge de Boston a volé à son secours pendant le sinistre, Halifax fait chaque année le cadeau d’un magnifique sapin de Noël à la « ville des fèves aux lards ». En ce moment même, la tradition continue : le centième sapin donné par Halifax orne la place publique à Boston.