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États-Unis: l’administration ne veut pas un mur au sens propre, souligne John Kelly

États-Unis: l’administration ne veut pas un mur au sens propre, souligne John Kelly
Photo AFP

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Même si Donald Trump continue de réclamer un «mur» à la frontière sud des États-Unis, son administration privilégie depuis longtemps des mesures de sécurité renforcée au sens large, souligne le secrétaire général de la Maison-Blanche sur le départ, John Kelly, dans un entretien publié dimanche.

«Pour être honnête, ce n’est pas un mur», déclare le général Kelly dans une interview accordée au quotidien Los Angeles Times, alors qu’une partie des administrations fédérales sont paralysées depuis neuf jours en raison d’un bras de fer sur cette question.

Le président, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale un de ses chevaux de bataille, refuse de signer une loi budgétaire si elle n’inclut pas 5 milliards de dollars pour construire un mur à la frontière avec le Mexique. «Les gardes-frontières ont besoin du mur», tweetait-il encore samedi.

Les démocrates refusent cette exigence et proposent en échange plus d’un milliard pour d’autres mesures de sécurité à cette frontière, longue de 3 200 km. Le bras de fer a entraîné un «shutdown» de 25% des administrations fédérales qui ne sont plus financées depuis le 22 décembre à minuit.

«Le président dit encore “mur” – parfois, il parle de “barrière” ou de “clôture”, maintenant il penche pour des barreaux en fer. Mais nous avons abandonné l’idée d’un mur solide et concret lors des débuts de cette administration», révèle John Kelly, qui sera remplacée dans deux jours par l’actuel directeur du budget à la Maison-Blanche, Mick Mulvaney.

L’ancien Marine, qui a été ministre de la Sécurité intérieure avant de devenir secrétaire général de la Maison-Blanche en juillet 2017, explique être parvenu à cette conclusion en discutant avec les gardes-frontières et les agents des douanes.

«Ils nous ont dit: “nous avons besoin de barrières physiques dans certains endroits, nous avons besoin de technologies partout, et il nous faut plus d’hommes”», énumère-t-il.

Dans cet entretien, John Kelly, dont les relations avec le président s’étaient dégradées au fil des mois, parle des migrants avec beaucoup plus d’empathie que Donald Trump.

Alors que le milliardaire républicain accuse régulièrement les sans-papiers d’abriter des criminels, voire des terroristes, en leur sein, le général Kelly assure que «les immigrants clandestins ne sont pas, dans l’immense majorité des cas, de mauvaises personnes.»

«Je n’ai que de la compassion pour eux, les jeunes enfants», ajoute-t-il, alors qu’une fillette de sept ans et un garçon de huit ans, tous deux originaires du Guatemala, sont morts en rétention aux États-Unis dans deux incidents distincts en décembre.

Samedi, le président Trump n’a pas hésité à utiliser ces drames dans son face-à-face avec les démocrates, qu’il a accusés d’être les seuls responsables des morts de ces enfants.