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La Russie arrête un Américain suspecté d’espionnage

Vladimir Poutine
AFP Vladimir Poutine

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La Russie a arrêté un citoyen américain accusé d’espionnage, ont annoncé lundi les services de sécurité (FSB), dans un contexte déjà lourd d’affaires de ce type entre Moscou et les Occidentaux.

L’Américain a été arrêté vendredi à Moscou «alors qu’il commettait un acte d’espionnage» et une procédure a été ouverte au titre de l’article 276 du Code pénal, prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à vingt ans d’emprisonnement, précise le FSB dans un communiqué.

Le nom de l’Américain, tel qu’il est présenté en russe, est Paul Whelan. Aucun autre détail n’a été fourni dans l’immédiat.

Dans un bref communiqué, le département d’État américain a expliqué qu’il cherchait à avoir accès à son citoyen, dont il n’a pas confirmé l’identité.

«La convention de Vienne oblige la Russie à donner un accès consulaire [au détenu]. Nous l’avons demandé et nous attendons à ce que les autorités russes l’approuvent», écrit la diplomatie américaine.

Cette arrestation intervient au moment où la Russie est mise en cause en Occident dans plusieurs scandales d’espionnage.

Le président russe, Vladimir Poutine, a accusé les pays occidentaux d’avoir recours à de telles affaires pour tenter de saper une puissance russe s’affirmant sur l’échiquier international. «Cela est lié à l’affirmation du pouvoir russe», a déclaré le chef de l’État russe lors de sa récente conférence de presse annuelle.

Parmi ces affaires d’espionnage, l’empoisonnement d’un ancien agent double russe, Sergueï Skripal, et de sa fille en Angleterre, attribué à Moscou pour les responsables britanniques. Le Kremlin a fermement démenti toute implication. L’affaire a provoqué une grave crise diplomatique.

Même chose pour l’affaire concernant la Russe Maria Butina, arrêtée en juillet à Washington et inculpée pour «complot» en vue de «promouvoir les intérêts de la Russie», ce pour quoi elle a plaidé coupable. Le Kremlin a qualifié ces accusations d’«infondées».

Maria Butina encourt une peine de six mois de prison, suivie d’une expulsion probable.

Selon la justice américaine, Maria Butina, 30 ans, avait noué des contacts dans l’appareil politique américain via le principal lobby proarmes des États-Unis.

Elle est la première Russe dont la culpabilité a été reconnue à la suite de l’une des nombreuses enquêtes portant sur les ingérences de Moscou dans la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis.

L’administration Trump est engluée depuis 18 mois dans une enquête sur une éventuelle collusion entre les conseillers de M. Trump et des responsables russes afin de favoriser sa victoire en 2016. Donald Trump dénonce régulièrement une «chasse aux sorcières» menée par le FBI et les démocrates.

Le conflit dans l’est de l’Ukraine entre forces gouvernementales et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10 000 morts depuis 2014 pèse également sur les relations entre la Russie et les pays occidentaux, avec notamment son cortège de sanctions. L’Occident reproche à Moscou son soutien aux mouvements séparatistes. Le Kremlin dément de telles accusations.