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«Bye Bye 2018»: 50 ans, mais pas très nostalgique

«Bye Bye 2018»: 50 ans, mais pas très nostalgique
Courtoisie ICI Radio-Canada Télé

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Le Bye Bye n’a pas versé dans la surenchère de nostalgie pour son 50e anniversaire, mais la grande Dodo a lancé les souhaits de bonne année. Intelligente et souvent très drôle, l’édition 2018 du traditionnel rendez-vous d’ICI Radio-Canada Télé, diffusée lundi, a vu Claude Legault se démarquer et la plupart des grandes manchettes de l’année être soulevées.

Après un montage d’extraits de moments marquants de l’émission au fil des cinq dernières décennies, la revue s’est amorcée efficacement avec une parodie de Fugueuse dans laquelle le «vrai» Jean-François Ruel, alias Damien, tentait de convaincre Melania Trump (toujours truculente Anne Dorval) de se soumettre à son «commerce».

Dans son premier Bye Bye en carrière, Claude Legault a brillé dans tous ses personnages.

La recrue, qui succédait à Marc Labrèche au sein de l’équipe de comédiens régulière – laquelle comptait aussi, en plus d’Anne Dorval, Véronique Claveau, Pierre Brassard et Patrice L’Écuyer – a repris avec succès le flambeau de son prédécesseur sous la perruque de Donald Trump.

On a ri du président américain en l’évoquant main dans la main et les yeux dans les yeux avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un dans le Fake Bye Bye de Donald Trump.

Partisan assumé du Canadien, Legault s’est également gâté dans la peau d’un Marc Bergevin incapable d’expliquer son «plan» en conférence de presse de fin de saison («à la fin de la journée, on veut pas la victoire, on veut de l’attitude»).

Anne Dorval a reproduit à la perfection les mimiques d’Hubert Lenoir – qui s’est autoproclamé plus populaire que Jésus – dont les tenues excentriques avaient aussi été copiées au détail près.

Véronique Claveau en Mariana Mazza (dans une saynète sur la «Servante écarlate») et en Manon Massé, et Pierre Brassard en François Legault (qui embrassait goulûment sa sœur) ont aussi bien rendu leur partition.

La grande controverse de 2018 au chapitre culturel, le tollé entourant le spectacle SLAV, de Robert Lepage, a été traitée avec énormément de doigté, à travers un Lepage (Patrice L’Écuyer, fabuleux) suffisant qui, voulant recréer «Black Panther», misait sur Luc Picard pour incarner son rôle principal et expliquait que «qui dit musique africaine dit Michel Rivard».  Les prochains projets de Robert Lepage version Bye Bye? «Pocahontas avec Ludivine Reding et Les 101 dalmatiens joués par 101 chats siamois».

 

Défilé de personnalités

À tout seigneur tout honneur : c’est à la reine incontestée de l’institution qu’est le Bye Bye, Dominique Michel, qu’est revenu le privilège de souhaiter une bonne année 2019 aux Québécois, sur le coup de minuit, pour cette édition-anniversaire. «Ce soir, je dois vous dire que c’est vraiment, vraiment mon dernier Bye Bye"!», a-t-elle blagué, en référence à sa célèbre promesse de jadis.

Plus tôt dans l’émission, d’autres personnalités ayant donné leurs lettres de noblesse au bilan comique de fin d’année avaient aussi effectué des apparitions, pour la plupart très réussies.

Michel Côté, Marc Messier, Pauline Martin et Yves Jacques, qui ont fait les beaux jours de la rétrospective humoristique dans les années 80 et 90, avaient pastiché le film Les affamés dans le – trop long – sketch Les assoiffés, qui se moquait du conflit de travail à la Société des alcools du Québec (SAQ).  Claude Legault a même ressorti les habits policiers de son Ben Chartier de 19-2 pour l’occasion.

Un René Simard au pas de danse endiablé s’est joint à un Justin Trudeau (Patrice L’Écuyer) fantasmant son voyage en Inde et les accoutrements qui allaient avec après avoir fumé un joint, dans un très bon segment à la «Bollywood».

Véronique Cloutier a superbement interprété Safia Nolin, rebaptisée «Madame Party», Louis Morissette a imité un Geoff Molson complaisant, et Hélène Bourgeois-Leclerc a été excellente sous les traits de Catherine Dorion expliquant les tenants et aboutissants du troisième lien de Québec.

Quant à la bande de Rock et Belles Oreilles, elle nous a proposé un intéressant «tour du monde en trois minutes vingt-cinq secondes», résumant les principales actualités sur la scène internationale des derniers mois, dont la guerre en Syrie et l’accord sur le Brexit au Royaume-Uni.

Enfin, que serait un Bye Bye sans un clin d’œil à notre bien-aimée Céline Dion? Marc Labrèche s’est offert un nouveau tour de piste dans le monde de la diva qui, cette fois, a visité une pouponnière pour répandre la magie de sa nouvelle collection de vêtements non genrés pour enfants, «Célinounoune», et ses petits cache-couches estampés de l’expression «C’est moi le boss».