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2019: réussir la laïcité

Francois Legault
Photo Agence QMI, Simon Clark Francois Legault

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Tous en conviennent, le gouvernement Legault a connu de bons débuts. Les Québécois étaient heureux de se débarrasser du Parti libéral version Philippe Couillard.

Ils se réjouissaient aussi d’avoir à Québec un gouvernement ne leur faisant pas la leçon et ne considérant pas leur identité comme un défaut à corriger pour les ramener dans la norme canadienne.

Legault

Presque naturellement, la CAQ semble avoir remplacé le PQ comme parti incarnant politiquement la majorité historique francophone.

Avec l’année qui commence, toutefois, la CAQ devra se montrer à la hauteur des sentiments favorables qu’elle suscite. Et pour cela, elle devra réussir le test de la laïcité. On le sait, si le parti de François Legault est parvenu à canaliser en sa faveur le nationalisme québécois, c’est qu’il a pris au sérieux la question identitaire. Il a promis une réponse ferme et raisonnable à ce qu’on appelle la question des « accommodements raisonnables », et plus particulièrement à celle des signes religieux ostentatoires.

Cette question traverse l’actualité depuis plus d’une dizaine d’années. Fondamentalement, à travers elle, les Québécois entendent réaffirmer une vieille règle, trop souvent bafouée : à Rome, on fait comme les Romains. Ils veulent rappeler que la majorité historique francophone n’est pas une communauté parmi d’autres et que les immigrés doivent en prendre le pli.

Au Québec, la laïcité se présente de plus en plus comme un outil d’intégration identitaire privilégié. Il s’agit d’imposer un espace commun au-delà des caprices ethnoreligieux en interdisant les signes religieux ostentatoires chez les employés de l’État en situation d’autorité, incluant les enseignants.

Mais imposer la laïcité n’ira pas de soi. François Legault aura contre lui une bonne partie des médias, avec au premier rang le diffuseur public. On l’accusera directement ou indirectement d’intolérance ou même de racisme. Inversement, on nous présentera le voile islamique comme le symbole privilégié de l’ouverture à la diversité, en culpabilisant ceux qui osent le critiquer.

Les juristes militants qui encouragent le détournement des droits de la personne au nom des caprices religieux en rajouteront pour transformer le débat en psychodrame. Il faut dire qu’ils sacralisent le multiculturalisme canadien et voudraient nous l’imposer comme seul modèle possible de gestion des questions identitaires.

Courage

François Legault découvrira d’ailleurs qu’Ottawa le combattra de mille manières, en lui rappelant que le Québec ne dispose que d’une autonomie très limitée dans la fédération.

Dans tout cela, François Legault devra y aller fermement, sans reculer. Sa vision de la laïcité recueille non seulement l’appui d’une très nette majorité de la population, mais en plus, il est raisonnable et très modéré.

Mise en garde : François Legault devra résister à la tentation de vouloir rendre son projet acceptable à ceux qui, de toute façon, lui seront toujours hostiles. S’il dilue son projet, il déplaira à sa base sans amadouer ses adversaires.

On lui souhaitera, pour 2019, du courage, de la persévérance et de la ténacité. Il en faudra pour réussir la laïcité.